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L’instruction sur les violences calédoniennes s’achève, la défense dénonce une justice « détournée »
_**Après près de deux ans d’enquête, le dossier concernant plusieurs figures indépendantistes de Nouvelle-Calédonie arrive à son terme. Les avocats des prévenus accusent les autorités d’avoir instrumentalisé la procédure à des fins politiques.**_
L’information judiciaire ouverte à la suite des graves troubles survenus en Nouvelle-Calédonie au printemps 2024 est parvenue à son stade final. Les magistrats instructeurs parisiens ont notifié aux conseils de quatorze personnes mises en examen, dont Christian Tein, dirigeant de la Cellule de coordination des actions de terrain et actuel président du FLNKS, la clôture des investigations. Le parquet doit désormais rendre ses réquisitions avant qu’une décision soit prise sur un éventuel renvoi devant un tribunal correctionnel.
Cette procédure trouve son origine dans les événements qui avaient conduit à la proclamation de l’état d’urgence sur l’archipel, des affrontements ayant causé la mort de quatorze personnes et provoqué des dégâts matériels considérables. L’enquête s’était notamment concentrée sur le rôle présumé de la CCAT, une structure soupçonnée d’avoir organisé une campagne de déstabilisation ciblant les institutions et l’économie locales. Les investigations ont porté sur l’existence d’une logistique, la mobilisation de manifestants et la collecte de matériel.
Christian Tein est poursuivi pour son implication présumée dans des vols et destructions, ainsi que pour participation à un groupement en vue de préparer des violences contre les forces de l’ordre. Il bénéficie en revanche du statut de témoin assisté concernant le chef de complicité de tentative de meurtre. Son avocat, Me Florian Medico, affirme que l’instruction a démontré le caractère strictement politique et pacifique de son engagement, et réclame sa relaxe.
Dans un courrier adressé aux juges en février, douze avocats de la défense ont vivement contesté le déroulement de la procédure. Ils estiment que leurs clients, transférés en métropole dans des conditions décrites comme inacceptables, font l’objet d’un traitement judiciaire exceptionnel et inéquitable. Selon eux, l’État aurait manqué à son devoir d’impartialité et tenté de détourner l’appareil judiciaire pour des raisons politiques, pointant du doigt la responsabilité du gouvernement dans l’enchaînement des crises.
Les conseils évoquent également des propos discriminatoires attribués à des personnalités loyalistes et s’interrogent sur l’influence du pouvoir exécutif sur la justice. Ils citent notamment des déclarations publiques d’anciens membres du gouvernement appelant à des sanctions exemplaires, qu’ils interprètent comme une pression sur le cours normal de la procédure. Le parquet de Paris, sollicité, n’a pas souhaité s’exprimer sur ces allégations.
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