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L’hermine, mascotte olympique, lutte pour sa survie dans les Alpes

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Alors que les peluches des mascottes Tina et Milo envahissent les boutiques milanaises, l’animal sauvage qui les a inspirées voit son existence menacée par le réchauffement climatique dans son habitat alpin.

Dans les montagnes italiennes, un mammifère discret est confronté à un paradoxe mortel. L’hermine, choisie pour incarner les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, voit son adaptation millénaire se retourner contre elle. Sa mue saisonnière, qui lui confère un pelage immaculé en hiver, constituait jusqu’ici un camouflage parfait sur la neige. Ce mécanisme de survie ancestral est désormais un handicap majeur, la couverture neigeuse se raréfiant et laissant l’animal blanc exposé à la vue de ses prédateurs.

La réduction drastique du manteau neigeux alpin, documentée par les climatologues, transforme l’environnement de l’espèce. Privée de son bouclier naturel, l’hermine devient une proie facile pour les rapaces et les renards. Elle est également contrainte de migrer vers des altitudes plus élevées à la recherche de froid et de neige, un exode qui la conduit vers des territoires où ses proies habituelles, comme certains rongeurs, se font plus rares. L’expansion des domaines skiables fragilise encore un peu plus son habitat restant.

Pourtant, cette situation alarmante ne mobilise qu’une poignée de scientifiques. Un doctorant turinois constitue à lui seul une grande partie de l’effort de recherche national sur le sujet. Son travail consiste à déployer des pièges photographiques dans les massifs pour tenter de percer les mystères du comportement de ce mustélidé furtif. L’analyse des images recueillies révèle un « monde invisible » et permet d’évaluer l’impact des changements environnementaux.

Malgré sa nouvelle notoriété symbolique, l’hermine peine à susciter l’engagement concret des institutions. Les appels à un soutien financier pour la recherche, notamment auprès de l’organisation des Jeux olympiques, sont restés sans réponse. Les classifications officielles de l’espèce, qui la considèrent encore comme peu menacée à l’échelle mondiale, apparaissent obsolètes au regard des observations de terrain. Les spécialistes alertent sur un risque réel de disparition locale, transformant la mascotte en emblème silencieux d’une biodiversité alpine en péril.

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