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L’Éthiopie accuse l’Érythrée d’atrocités dans le Tigré, Asmara dément

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a porté des accusations directes contre l’armée érythréenne, l’accusant de crimes commis durant le conflit. Le gouvernement d’Asmara a immédiatement rejeté ces allégations, qualifiées de mensongères, dans un contexte de relations bilatérales extrêmement dégradées.

Le chef du gouvernement éthiopien a déclaré devant les parlementaires que des forces érythréennes s’étaient livrées à des exactions et des pillages dans plusieurs localités de la région du Tigré durant le conflit qui a opposé, de 2020 à 2022, les autorités fédérales aux forces régionales. Ces affirmations marquent un tournant dans la communication officielle d’Addis-Abeba, qui avait longtemps minimisé le rôle de son voisin dans ce conflit.

Le ministre érythréen de l’Information a vivement réagi, dénonçant des accusations infondées et méprisables. Cette passe d’armes verbale intervient alors que les tensions entre les deux pays de la Corne de l’Afrique sont à leur paroxysme depuis plusieurs mois, chacun accusant l’autre de préparer un affrontement armé. Le conflit au Tigré, qui a causé des centaines de milliers de victimes selon des estimations internationales, avait vu les troupes érythréennes s’engager aux côtés de l’armée fédérale éthiopienne contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré.

Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée sont historiquement complexes, marquées par une guerre frontalière à la fin des années 1990 suivie de deux décennies de méfiance. Une normalisation éphémère, couronnée par l’attribution du prix Nobel de la paix au Premier ministre Abiy Ahmed en 2019, a laissé place à une nouvelle phase d’hostilité. L’accord de paix de novembre 2022, qui a mis fin aux combats au Tigré, n’a pas inclus l’Érythrée, et la présence persistante de ses troupes dans la région constitue un point de friction majeur.

Plusieurs organisations internationales ont documenté des violations des droits de l’homme d’une grande ampleur durant le conflit, imputant à toutes les parties des crimes de guerre. Un récent rapport d’une organisation non gouvernementale a souligné le caractère systématique des exactions attribuées aux forces érythréennes, incluant des violences de masse et des pillages à grande échelle. Les autorités d’Asmara ont toujours catégoriquement nié ces allégations.

La situation sécuritaire dans le nord de l’Éthiopie demeure instable, comme en témoigne la récente suspension temporaire des vols civils vers le Tigré, coïncidant avec des rapports faisant état de nouveaux affrontements. Cette escalade rhétorique et les accusations désormais publiques laissent présager une détérioration accrue des relations entre les deux capitales, dans une région où les équilibres restent précaires.

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