Politique
Les jeunes ne croient plus aux politiques, mais ils iront quand même voter
Près de huit jeunes sur dix estiment que les responsables politiques préparent mal leur avenir, et 64 % ne font pas confiance aux candidats à la…


Près de huit jeunes sur dix estiment que les responsables politiques préparent mal leur avenir, et 64 % ne font pas confiance aux candidats à la présidentielle pour porter leurs préoccupations.
Ils ont entre 18 et 29 ans et ils ne comptent plus vraiment sur ceux qui les gouvernent. 78 % jugent que les responsables politiques préparent mal leur avenir. 64 % ne font pas confiance aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte ce qui les préoccupe. Et ils ne sont qu’un quart à estimer que les élus comprennent leurs difficultés du quotidien ou prennent des décisions dans l’intérêt des jeunes. Voilà ce que répondent 3 000 jeunes interrogés pour une vaste enquête sur leur rapport à la politique.
Cette défiance ne les pousse pas à bouder les urnes pour autant. 80 % déclarent avoir l’intention d’aller voter à la présidentielle. Ceux qui refusent d’y aller avancent d’abord une raison simple, la conviction que leur voix ne changera rien. La participation tient donc à un fil, celui d’un espoir ténu que le bulletin fasse bouger les lignes.
Le vrai contraste est ailleurs. 77 % se disent satisfaits de leur vie, une majorité nette. Mais dès qu’on passe de l’individu au collectif, l’optimisme s’effondre. Un quart seulement se dit confiant sur l’avenir de la France. Et cet écart suit le portefeuille, la proportion allant presque du simple au double selon que l’on se sent à l’aise ou en difficulté financière, 32 % contre 16 %.
Sur le terrain matériel, les projections sont tout aussi sombres. 89 % pensent qu’ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes. 86 % anticipent un accès plus dur à la propriété. 84 % s’attendent à plus de mal à décrocher un emploi stable. Conséquence directe, 79 % ont déjà imaginé construire leur vie ailleurs qu’en France, et un tiers d’entre eux y songent sérieusement.
Reste une envie d’agir. Cet été, 200 jeunes se sont réunis à l’initiative d’une université et d’un groupe de réflexion pour plancher sur une dizaine de propositions, avec l’ambition de les porter devant les candidats pendant la campagne. Celles qui rassemblent le plus large soutien touchent à la santé, à la démocratie et au logement. Un bilan de santé gratuit à 20 ans. L’obligation de prendre en compte les résultats des pétitions, des conventions citoyennes et des référendums d’initiative citoyenne. La protection du vivant érigée en priorité nationale. Une garantie locative publique unique et simplifiée. Une heure d’orientation toutes les deux semaines. Des ateliers de sensibilisation à la santé mentale à chaque étape de la scolarité. Et un recours garanti contre les discriminations à chaque recherche de stage ou d’alternance.
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