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Les enfants, grands oubliés de la ville, au cœur des municipales
À l’approche des élections locales, associations et institutions pressent les futurs maires de placer l’enfance au centre de leurs projets d’aménagement, une question devenue incontournable.
La place des plus jeunes dans l’espace urbain s’impose comme un thème majeur de la campagne électorale. Les défenseurs des droits de l’enfant multiplient les appels pour que les candidats s’engagent à rendre les communes plus accueillantes à leur égard. Cette mobilisation intervient dans un contexte où leur autonomie dans la ville ne cesse de reculer, un phénomène accentué par les préoccupations sécuritaires et environnementales des familles.
Les chiffres sont éloquents. Alors qu’un enfant sur deux se rendait seul à l’école à la fin des années 1980, cette proportion est tombée à moins de dix pour cent aujourd’hui pour les élèves de fin de primaire. Cette perte d’indépendance est largement attribuée à un sentiment d’insécurité, partagé par les enfants et leurs parents, notamment en matière de sécurité routière.
Face à ce constat, plusieurs organisations, dont l’Unicef France, ont publié une série de recommandations à destination des élus locaux. Le concept de ville adaptée aux enfants, qui préconise de concevoir l’urbanisme en priorité selon leurs besoins, gagne du terrain. Il s’agit notamment de piétonniser les abords des établissements scolaires, de repenser les aires de jeux, d’élargir les trottoirs et de multiplier les espaces verts.
L’enjeu dépasse la simple convivialité. Il relève d’une urgence sanitaire, comme le soulignent les spécialistes de la qualité de l’air. Les enfants, par leur taille et leur rythme respiratoire, sont particulièrement exposés à la pollution automobile. Des mesures comme la fermeture temporaire des rues aux véhicules devant les écoles ont démontré leur efficacité pour réduire significativement les concentrations de polluants.
La polémique récente sur les espaces réservés aux adultes dans les transports a remis en lumière les débats sur l’exclusion des plus jeunes de certains lieux publics. Pour les pouvoirs publics, l’objectif est désormais d’inverser cette logique. Une ville conçue pour les enfants, plus sûre, moins polluée et plus verte, profiterait in fine à l’ensemble des habitants, notamment aux personnes âgées ou à mobilité réduite.
Les municipalités sont donc invitées à faire de cet impératif une priorité de leur action, au-delà des simples promesses de campagne. Il s’agit de transformer durablement le cadre de vie, en garantissant aux jeunes générations un environnement où elles peuvent s’épanouir en toute sécurité et retrouver une liberté de mouvement aujourd’hui trop souvent confisquée.
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