Économie
Les émissions fossiles de CO2 s’apprêtent à battre un record historique en 2025
Les prévisions scientifiques les plus récentes établissent que le seuil de réchauffement de 1,5°C deviendra quasiment inatteignable, malgré les engagements internationaux.
Le bilan annuel du Global Carbon Project, fruit des travaux de cent trente chercheurs internationaux, dresse un constat alarmant sur l’évolution du climat. Les rejets carbonés issus des combustibles fossiles devraient croître de 1,1 % l’an prochain, pour s’établir à 38,1 milliards de tonnes. Cette progression dépasse la moyenne enregistrée au cours de la dernière décennie, confirmant une accélération préoccupante des émissions mondiales.
Le rapport souligne que les niveaux actuels excèdent désormais de 10 % ceux mesurés en 2015, année de l’adoption de l’accord de Paris. Malgré des progrès localisés, liés au déploiement des énergies renouvelables et à l’électrification des transports, l’effort collectif reste insuffisant pour infléchir la trajectoire globale. Les experts rappellent que chaque acteur doit renforcer son action pour espérer respecter les objectifs climatiques.
Le budget carbone restant pour contenir le réchauffement sous la barre des 1,5°C est estimé à 170 milliards de tonnes, soit environ quatre années d’émissions au rythme actuel. Cette estimation rend quasiment impossible le respect de cette limite, un constat désormais partagé par la communauté scientifique et les instances onusiennes. L’enjeu consiste désormais à limiter la durée du dépassement, qui pourrait s’étendre sur plusieurs décennies.
Les émissions liées au charbon atteindront un niveau record en 2025, tirées notamment par la consommation aux États-Unis et en Inde. Le pétrole et le gaz naturel contribuent également à cette hausse, avec des progressions respectives de 1 % et 1,3 %. Les tendances observées avant la crise ukrainienne semblent reprendre, signant un retour à la croissance des rejets liés au gaz.
Certaines régions, comme les États-Unis et l’Union européenne, ont inversé la baisse constatée précédemment, enregistrant une augmentation de leurs émissions. Cette évolution s’explique en partie par des conditions hivernales plus rigoureuses, ayant accru les besoins en chauffage. En Chine, premier émetteur mondial, les rejets semblent se stabiliser, mais les incertitudes politiques empêchent de conclure à un pic durable.
Les engagements actuels des États conduiraient à un réchauffement situé entre 2,3 et 2,6°C d’ici la fin du siècle. Les annonces récentes n’ont pas modifié substantiellement cette trajectoire. Pourtant, les technologies bas-carbone, notamment les énergies renouvelables devenues compétitives, offrent des solutions accessibles pour accélérer la transition. Les chercheurs insistent sur l’urgence d’une action résolue, chaque dixième de degré évité revêtant une importance cruciale pour les générations futures.
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