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L’Écosse maintient l’interdiction de l’aide médicale à mourir

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Le Parlement d’Holyrood a rejeté, après un débat intense, une proposition de loi visant à autoriser l’assistance au suicide pour les personnes en phase terminale. Ce vote intervient dans un contexte législatif britannique plus large où des initiatives similaires semblent également au point mort.

Les députés écossais ont refusé, mardi soir, d’adopter un texte permettant aux adultes atteints d’une maladie incurable et dont l’espérance de vie est estimée à moins de six mois de solliciter une assistance pour mettre fin à leurs jours. La proposition a été rejetée par 69 voix contre 57, clôturant ainsi plus d’une année de travaux parlementaires et de nombreux amendements. Le vote, libre de toute consigne partisane, était resté incertain jusqu’au dernier moment.

Portée par le député libéral-démocrate Liam McArthur, la législation avait été défendue comme un moyen d’offrir davantage de dignité et d’autonomie aux personnes en fin de vie. Son promoteur avait exhorté ses collègues à se souvenir « des voix d’Écossais mourants », arguant que rejeter le texte ne ferait que déplacer le problème sans le résoudre. Le débat, qui a duré plus de deux heures, a vu de nombreux élus évoquer, parfois avec émotion, des expériences personnelles ou des témoignages recueillis auprès de patients.

Les opposants au projet ont, quant à eux, exprimé de vives réserves. Ils ont pointé le risque de pressions sur les personnes vulnérables et l’insuffisance des garanties proposées, craignant également un effet négatif sur le développement des soins palliatifs. L’ancien Premier ministre écossais Humza Yousaf a fermement défendu cette position, estimant qu’une société ne peut se résumer à offrir le choix entre une souffrance insupportable et une mort anticipée, et plaidant pour une « troisième voie ».

Ce rejet en Écosse est observé avec attention à Londres, où un projet de loi comparable pour l’Angleterre et le Pays de Galles est actuellement bloqué. À la Chambre des Lords, la multiplication des amendements rend son adoption avant la fin de la session parlementaire, prévue en mai, extrêmement improbable. Dans l’archipel britannique, seules les dépendances de la Couronne que sont Jersey et l’île de Man ont, à ce stade, approuvé des législations similaires, qui attendent toutefois la sanction royale pour être promulguées.

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