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Économie

L’économie bangladaise à l’arrêt, une nation en attente du scrutin

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À quelques jours des législatives, le marasme économique et la précarité de l’emploi plongent des millions de citoyens dans l’expectative. L’activité, notamment dans le crucial secteur textile, semble suspendue au résultat du vote.

Le pays observe une pause générale, comme à l’orée d’une tempête. Sabina Khatun, ancienne ouvrière du textile, en fait l’amère expérience. Après des mois de recherches infructueuses, les recruteurs lui opposent systématiquement la même réponse. Il faut patienter jusqu’à la mi-février, date du prochain scrutin parlementaire. Son cas n’a rien d’isolé et reflète un phénomène de grande ampleur qui frappe une main-d’œuvre déjà éprouvée par des fermetures d’usines et un ralentissement des exportations.

Le contexte politique, marqué par la transition ayant suivi le départ de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, a instillé une forme de paralysie dans les circuits économiques. Les indicateurs peinent à retrouver des couleurs. Si les prévisions du Fonds monétaire international annoncent une timide reprise de la croissance pour l’année en cours, le chômage, lui, poursuit sa progression. Le secteur bancaire montre certains signes de stabilisation, mais le crédit au secteur privé stagne à un niveau historiquement bas.

Cette stagnation se lit dans le paysage urbain. Aux abords de Dacca, des quartiers entiers, jadis animés par l’activité manufacturière, se sont vidés de leurs habitants. Les petits commerces qui dépendaient de la présence des ouvriers ont progressivement baissé le rideau. Shelal Uddin, qui enchaînait autrefois les petits métiers pour subvenir aux besoins de sa famille, a dû se résoudre à renvoyer sa femme et ses enfants dans leur village natal. La débrouille ne suffit plus à compenser la flambée des prix des denrées de base et la raréfaction des opportunités.

Les observateurs pointent la nature structurelle des difficultés. La dépendance historique aux exportations de textiles et de vêtements, qui représentent l’écrasante majorité des revenus commerciaux du pays, constitue une vulnérabilité majeure en période de contraction de la demande mondiale. Les mesures prises par l’administration intérimaire, comme la vente d’actifs pour éponger les arriérés de salaires, sont jugées insuffisantes pour relancer durablement l’appareil productif.

Dans les milieux économiques, l’analogie médicale est parfois employée pour décrire la situation. Le pays serait passé des soins intensifs à une convalescence longue et incertaine, où la reprise ne s’envisage qu’à l’horizon de plusieurs années. L’enjeu pour le futur gouvernement sera de taille. Il lui faudra non seulement répondre à l’urgence sociale et relancer la machine économique, mais aussi s’attaquer aux déséquilibres profonds qui minent la résilience du modèle bangladais. Pour l’heure, dans l’attente du verdict des urnes, le temps semble comme suspendu.

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