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Le village olympique de Paris au cœur d’un procès pour travail dissimulé

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_**La justice examine depuis lundi à Bobigny un système organisé d’emploi illégal sur l’un des chantiers phares des Jeux de 2024. Des centaines d’ouvriers, principalement maliens, auraient été exploités par un réseau de sous-traitance opaque.**_

Le tribunal correctionnel de Bobigny est saisi d’une affaire mettant en lumière les pratiques occultes de certains acteurs du bâtiment. Vingt-quatre personnes et trois sociétés sont accusées d’avoir constitué un réseau organisé ayant recouru massivement à une main-d’œuvre étrangère en situation irrégulière. Ces faits se sont déroulés sur le chantier de construction du village des athlètes des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, un site stratégique à cheval sur Saint-Denis et Saint-Ouen.

Les investigations, ouvertes après un contrôle de l’inspection du travail en mars 2022, ont révélé un montage complexe. Le système reposait sur une nébuleuse de sociétés éphémères, dirigées par des gérants prête-noms, et pilotée par un intermédiaire identifié comme le chef présumé du réseau. Les ouvriers, recrutés sans contrat et payés de manière aléatoire par l’une ou l’autre de ces structures, étaient souvent contraints à la clandestinité lors des visites des autorités. L’un d’eux a ainsi témoigné avoir dû se cacher plus d’une heure dans les sous-sols du chantier.

Le groupe GCC, maître d’œuvre de six immeubles du village, est mis en cause pour défaut de vigilance dans le contrôle de sa chaîne de sous-traitance. Trois de ses cadres dirigeants sont parmi les prévenus. L’enquête souligne que la plupart des autres personnes jugées entretiennent des liens familiaux ou géographiques étroits, originaires d’une même région de Turquie.

Le préjudice social, évalué à plus de huit millions d’euros pour l’Urssaf, n’est qu’une facette des chefs d’accusation. Le procès, qui doit se poursuivre jusqu’au 20 février, examine également des faits présumés de blanchiment et d’abus de biens sociaux. Plusieurs travailleurs victimes de ces pratiques, désormais régularisés dans leur séjour grâce à l’accompagnement syndical, ont choisi de ne pas se rendre à l’audience par crainte de représailles. Cette affaire jette une lumière crue sur les dérives potentielles liées aux pressions des calendriers et à l’empilement des sous-traitances dans les grands projets d’infrastructure.

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