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Le Sénat entame l’examen décisif de la loi sur la fin de vie

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Les débats s’ouvrent au Palais du Luxembourg sur un texte qui divise profondément la classe politique, la majorité sénatoriale de droite affichant sa détermination à en restreindre considérablement la portée.

La haute assemblée a entamé mardi l’examen d’une proposition de loi visant à instaurer un dispositif d’accompagnement de la fin de vie. Ce texte, déjà adopté par les députés, revient après plusieurs reports sur la table du Sénat, où il suscite de vives réserves. La majorité sénatoriale, composée des groupes Les Républicains et du Centre, a d’emblée manifesté son intention de réécrire en profondeur le projet, qu’elle juge trop permissif.

Le président du groupe LR, Bruno Retailleau, a ouvert les discussions en dénonçant un texte qu’il qualifie d’« abandon », estimant qu’il marquerait une « rupture anthropologique ». Selon lui, le risque serait de rendre la demande de mort plus accessible que l’accès à certains soins. Les débats, qui doivent s’étendre sur une semaine, s’annoncent serrés et leur issue incertaine, malgré un premier vote indicatif favorable aux positions les plus restrictives.

La proposition de loi, issue des travaux du député Olivier Falorni, légalise sous conditions strictes une assistance médicale à mourir. Elle avait recueilli un large soutien à l’Assemblée nationale au printemps dernier. Son parcours législatif avait ensuite été suspendu en raison du contexte politique. Son adoption finale ferait de la France l’un des pays européens à se doter d’un tel cadre, à l’instar de plusieurs voisins.

L’examen sénatorial constitue une étape cruciale, révélant un clivage net entre les deux chambres. Les députés avaient retenu un « droit à l’aide à mourir » pour les personnes atteintes d’une affection incurable en phase avancée ou terminale. Les sénateurs s’orientent, quant à eux, vers un resserrement drastique des conditions, limitant l’accès au dispositif aux seuls patients dont le pronostic vital est engagé à très court terme. Cette approche a été vivement critiquée par la gauche et une partie du centre, qui y voient une manière de vider la réforme de sa substance.

La droite sénatoriale hésite entre deux stratégies. La première consisterait à rejeter l’ensemble du texte, laissant au gouvernement la possibilité de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale. La seconde vise à l’amender de manière à y inscrire de multiples garde-fous pour en limiter la portée pratique. Certains élus LR ont exprimé des craintes extrêmes, évoquant une pente glissante vers un « droit de tuer », des propos qui ont provoqué des réactions indignées dans les rangs de la gauche.

Les échanges parlementaires résonnent au-delà de l’hémicycle. De nombreuses associations, représentants des cultes et organisations professionnelles de santé se sont exprimés sur le sujet, souvent pour marquer leur opposition. Une manifestation regroupant plusieurs milliers de personnes s’est tenue récemment à Paris pour réclamer une politique axée sur le développement des soins palliatifs. En parallèle de ce texte controversé, le Sénat doit également examiner dans les prochains jours une proposition de loi plus consensuelle portant spécifiquement sur le renforcement de l’offre de soins palliatifs.

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