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Le scrutin tchèque place l’homme d’affaires Andrej Babis en pole position

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L’ancien Premier ministre, adepte d’un discours nationaliste, pourrait marquer un tournant dans la politique étrangère du pays au cœur de l’Europe.

Les électeurs tchèques ont achevé samedi leur processus électoral pour renouveler les deux cents députés de la Chambre basse. Selon les estimations, le mouvement ANO de l’ancien chef du gouvernement Andrej Babis arriverait en tête des suffrages. Le milliardaire de soixante-et-onze ans, qui se réclame d’un positionnement politique comparable à celui de Donald Trump, avait axé sa campagne sur la priorité donnée aux intérêts nationaux, au détriment du soutien européen à l’Ukraine.

Aucune majorité nette ne se dessine cependant dans l’hémicycle. Le parti du dirigeant sortant Petr Fiala, la coalition de centre droit « Ensemble », arriverait derrière ANO avec environ vingt pour cent des voix. L’extrême droite du SPD, créditée de douze pour cent, pourrait constituer un partenaire de coalition pour M. Babis, aux côtés de formations antisystème dont le score définitif reste incertain.

Un retour au pouvoir de l’ancien Premier ministre signifierait probablement un réalignement diplomatique. La République tchèque, jusqu’ici ferme alliée de Kiev, pourrait se rapprocher des positions de la Hongrie et de la Slovaquie, hostiles aux sanctions contre Moscou. Cette éventualité préoccupe une partie de l’électorat, notamment les plus jeunes, qui redoutent une distanciation avec l’Otan.

Les critiques soulignent les conflits d’intérêts potentiels entre les activités industrielles du magnat et sa fonction politique, ainsi que sa prochaine comparution pour des affaires présumées de détournement de fonds européens. Le président Petr Pavel, figure atlantiste, a laissé entendre qu’il pourrait hésiter à confier le gouvernement à M. Babis, cofondateur d’un groupe parlementaire eurosceptique.

La campagne électorale a été marquée par une activité numérique soutenue, avec une propagation notable de contenus favorables aux formations antisystème sur les réseaux sociaux. Un rapport a par ailleurs mis en lumière des dépenses publicitaires non déclarées du parti SPD sur les plateformes de Meta, faisant actuellement l’objet d’enquêtes internes.

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