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Le retour déchirant des Gazaouis dans une cité dévastée

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Des milliers de Palestiniens regagnent leurs foyers dans le nord de la bande de Gaza, découvrant l’ampleur des destructions après des mois de conflit.

Le long de la route côtière Al-Rachid, un flot ininterrompu de civils avance vers le nord, poussant des chariots chargés de maigres possessions ou portant matelas et couvertures sur le dos. Cette procession silencieuse se déroule dans le cadre d’une trêve récemment entrée en vigueur, permettant à des centaines de milliers de personnes de revenir vers leurs quartiers d’origine. Les autorités locales évoquent près de 250 000 retours depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Le spectacle qui attend les résidents dépasse l’entendement. La ville de Gaza, autrefois poumon économique et cœur battant du territoire, présente désormais un paysage de désolation. Des immeubles éventrés, des rues ensevelies sous les gravats et des infrastructures vitales réduites en poussière marquent le trajet des habitants. L’hôpital Rantissi, dédié aux enfants et aux patients cancéreux, n’est plus qu’un champ de ruines où s’amoncellent des équipements médicaux brisés.

Pour Raja Salmi, le périple depuis Khan Younès s’est révélé particulièrement éprouvant. Après des heures de marche sous le poids de l’angoisse, elle a découvert l’impensable. Sa maison dans le quartier d’Al-Rimal avait totalement disparu, remplacée par un amas informe de béton et de ferraille. Comme elle, de nombreux Gazaouis constatent l’anéantissement de leur cadre de vie et de leurs souvenirs.

Les observations sur le terrain confirment l’étendue des dégâts. Sami Moussa, revenu seul pour évaluer les dommages, décrit une ville méconnaissable où règnent le silence et l’odeur persistante de la mort. Les bâtiments encore debout ne sont souvent que des coquilles vides, dans des rues transformées en paysages lunaires. Les Nations unies avaient déjà établi au printemps que plus de 90% des habitations de l’enclave présentaient des dégâts significatifs.

Cette situation humanitaire extrême intervient alors que les parties ont accepté le principe d’un plan de paix américain. Mais sur le terrain, la priorité immédiate reste la survie, dans une région où les organisations internationales alertent sur les risques de famine et la pénurie criante d’aide alimentaire. Le chemin vers la reconstruction s’annonce long pour ces populations qui pleurent autant leurs proches que la disparition de leur cadre de vie.

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