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Le quadball, héritage de Poudlard, s’enracine dans les campagnes ougandaises

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Un instituteur a importé ce sport inspiré de l’univers d’Harry Potter, créant un phénomène communautaire inédit qui fédère la jeunesse locale et défie les frontières culturelles.

Dans un village du sud-ouest de l’Ouganda, une scène insolite se déroule régulièrement sur un terrain de terre battue. Des athlètes, un bâton entre les jambes, se disputent un ballon qu’ils tentent d’envoyer dans des anneaux surélevés, tandis qu’un autre court, une petite balle attachée dans le dos. Cette discipline, le quadball, puise son inspiration directe dans le Quidditch, le sport fictif popularisé par la saga Harry Potter. Son implantation dans la région de Katwadde, à plus de cent trente kilomètres de Kampala, est l’œuvre d’un enseignant passionné.

Cet instituteur, aujourd’hui âgé de quarante-sept ans, a découvert par hasard les romans de J.K. Rowling il y a une dizaine d’années. Intrigué par la mention d’un sport inconnu, il a effectué des recherches en ligne. La découverte de règles détaillées et de vidéos de matchs l’a convaincu de l’adapter pour ses élèves et ses voisins. Son objectif était alors de proposer une activité novatrice capable de rassembler sa communauté.

Le quadball combine en effet des éléments empruntés au handball, au rugby et au dodgeball. Chaque équipe mixte est composée de sept joueurs aux rôles distincts, certains chargés de marquer des buts, d’autres de protéger leurs coéquipiers à l’aide de balles de défense. L’aspect le plus singulier reste la poursuite du « vif d’or », incarné par un coureur neutre dont la capture met fin à la rencontre. Depuis son introduction, la pratique s’est progressivement structurée.

En 2023, le premier championnat national a été organisé et remporté par l’équipe locale de Katwadde. Aujourd’hui, plus de deux cents joueurs sont recensés à travers le pays, y compris dans des régions septentrionales. Pour beaucoup de jeunes, cette activité représente bien plus qu’un simple passe-temps. Elle constitue un puissant vecteur de cohésion sociale dans des zones rurales où l’offre sportive et éducative reste limitée.

Les promoteurs du quadball en Ouganda insistent sur ses vertus inclusives. La mixité des équipes est obligatoire, favorisant selon eux le respect mutuel et la complémentarité. Par ailleurs, l’engouement généré aurait contribué à stabiliser, voire à augmenter, les effectifs scolaires dans certains établissements. Pour les pratiquants les plus ambitieux, ce sport ouvre aussi une fenêtre sur le monde.

Plusieurs joueurs nourrissent l’espoir de représenter un jour leur pays lors de compétitions internationales, à l’image de la Coupe du monde organisée depuis 2012. Des invitations ont déjà été reçues, mais les contraintes financières ont jusqu’à présent empêché toute participation. Cette ambition se heurte également à un contexte sociétal particulier, où les prises de position de l’autrice originale sur les questions de genre trouvent un écho dans un conservatisme local marqué.

Malgré ces défis, l’initiative continue de porter ses fruits. Elle démontre la capacité d’un concept culturel global à s’adapter et à prendre racine dans un environnement très éloigné de son univers d’origine. Le rêve de son fondateur reste de voir une sélection ougandaise briller sur la scène mondiale, offrant ainsi une vitesse inattendue à son pays et à sa communauté.

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