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Faits Divers

Le procès Zepeda bascule sous le feu des contradictions

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_**Le troisième procès du Chilien, jugé pour le meurtre de son ex-compagne japonaise en 2016, a connu un tournant inattendu jeudi. La défense de l’accusé a été mise à rude épreuve par un interrogatoire pointilleux sur les incohérences de ses versions.**_

L’audience a pris une tournure imprévue lorsque le président de la cour d’assises a décidé d’anticiper l’interrogatoire principal de l’accusé. Le magistrat a méthodiquement confronté les déclarations de Nicolas Zepeda, formulées depuis ses premières auditions au Chili en 2016, avec l’ensemble des preuves matérielles rassemblées par l’enquête. Les débats se concentrent sur la disparition de Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise de 21 ans, dont le corps n’a jamais été retrouvé après sa mort présumée dans sa chambre universitaire de Besançon en décembre 2016.

Face aux questions, l’accusé a multiplié les réponses confuses et les justifications fragiles. Interrogé sur les raisons de ses fausses déclarations initiales aux enquêteurs chiliens, il a affirmé être venu en France pour obtenir des explications après sa rupture, contredisant son premier récit. Les arrêts prolongés de son véhicule dans des zones boisées, documentés par la géolocalisation de son téléphone, ont été expliqués par une simple fatigue, une version immédiatement mise en doute par la cour. L’achat de produits tels que de l’eau de javel, du combustible et des allumettes peu avant les faits a suscité des réponses jugées peu crédibles, l’intéressé évoquant le nettoyage d’une tache ou l’esthétique d’une boîte d’allumettes.

Les témoignages des résidents de la cité universitaire, évoquant des cris perçus dans la nuit du drame, ont été balayés par l’accusé, qui affirme avoir dormi. Sa version d’une réconciliation et d’une soirée paisible contraste avec les déclarations des proches de la victime, inquiets de son absence. La défense de la famille a particulièrement souligné l’étrangeté de son comportement, notamment son refus d’ouvrir sa porte alors que des amis de la jeune femme tentaient de la joindre.

Déjà condamné à deux reprises à vingt-huit années de réclusion, en dépit de l’absence de cadavre et de tout aveu, Nicolas Zepeda comparaît de nouveau après l’annulation de son dernier verdict pour vice de procédure. À la barre, l’homme, détenu en France depuis son extradition en 2020, a parfois versé des larmes, assurant rêver de son ex-compagne en bonne santé, tandis que l’accusation poursuit sa démonstration d’un meurtre prémédité.

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