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Le prince celte de Lavau sort de l’ombre
Après une décennie d’études méticuleuses, le mobilier funéraire d’une sépulture aristocratique du Ve siècle avant notre ère est présenté pour la première fois au public. Cette exposition lève le voile sur un pan méconnu des échanges culturels en Europe celtique.
Le Musée d’Art moderne de Troyes accueille une collection archéologique majeure, issue de fouilles préventives menées il y a onze ans sur la commune de Lavau. Les quatre-vingts pièces, patiemment restaurées, offrent un témoignage exceptionnel sur le pouvoir et les réseaux d’influence d’une élite locale au milieu du premier âge du Fer. La tombe, signalée par un imposant tumulus aujourd’hui disparu, avait été aménagée au cœur d’un vaste enclos cérémoniel.
La chambre sépulcrale abritait les restes d’un individu inhumé avec un faste remarquable. Le défunt, un homme d’une trentaine d’années, reposait sur un char et portait des parures en or, dont un torque et des bracelets. Autour de lui était disposé un service à boisson complet, indice de pratiques de banquet caractéristiques des aristocraties de l’époque. L’état de conservation de sa dentition suggère une existence privilégiée.
Parmi les artefacts, un chaudron en bronze de près d’un mètre de diamètre captive particulièrement l’attention. Ses anses sont ornées de têtes de félins et de représentations du dieu-fleuve Acheloos. La restauration de cette pièce, l’une des plus vastes connues pour cette période, a requis plusieurs centaines d’heures de travail. Des analyses ont confirmé la présence de résidus de vin rouge parfumé, une boisson d’importation alors réservée à l’élite.
Cet ensemble révèle une mixité culturelle frappante, à la croisée des mondes celtique, étrusque et grec. Un vase à vin attique, rehaussé d’applications en or et en argent figurant une divinité, en est l’illustration la plus éloquente. La finesse d’exécution de certaines pièces, comme une fibule en or agrémentée de lions ailés microscopiques, atteste d’un artisanat de cour d’une haute technicité. Ces objets précieux, fruits de commandes spécifiques, traduisent la capacité du personnage à s’attacher des artisans de différents horizons.
Le rang exact de cet individu fait encore débat parmi les spécialistes. Si l’appellation conventionnelle de « prince » est utilisée, l’ampleur monumentale de la sépulture et la somptuosité du mobilier funéraire pourraient indiquer un statut supérieur, peut-être royal. Par choix éthique et scientifique, les ossements du défunt ne sont pas exposés, les chercheurs estimant que les artefacts se suffisent à évoquer sa puissance et son histoire. Cette présentation marque l’aboutissement d’un long travail interdisciplinaire qui renouvelle la compréhension des dynamiques politiques et culturelles dans l’Aube du Ve siècle avant notre ère.
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