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Culture

Le pari fou de deux producteurs pour sauver un hommage à Godard

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Porté par dix nominations aux César, « Nouvelle Vague » de Richard Linklater doit son existence à l’audace d’un couple de producteurs, prêt à engager ses propres fonds pour mener à bien ce projet singulier.

L’aventure cinématographique a souvent pour moteur une conviction inébranlable. Celle de Michèle Halberstadt et Laurent Pétin, à la tête de la société de production Arp, en est une illustration frappante. Leur décision de financer personnellement une part substantielle du film « Nouvelle Vague », alors que le budget n’était pas complet, relevait d’un acte de foi. Le projet du réalisateur américain Richard Linklater, consistant à reconstituer le tournage du mythique « À bout de souffle » de Jean-Luc Godard, n’avait pas convaincu les diffuseurs traditionnels. Pour ce duo de producteurs, l’enjeu dépassait cependant la simple logique économique. Ils y percevaient une occasion unique de célébrer l’héritage de la Nouvelle Vague avec l’œil à la fois respectueux et espiègle de Linklater.

La reconnaissance est venue par étapes. La sélection en compétition officielle au Festival de Cannes a constitué un premier tournant décisif, ouvrant la voie à des ventes à l’international qui ont permis d’équilibrer les comptes. Les dix nominations aux César, annoncées cette semaine, représentent une consécration supplémentaire aux yeux de la profession. Elles récompensent un travail d’équipe méticuleux, de la reconstitution du Paris de la fin des années cinquante à la direction d’acteurs, incarnée par Guillaume Marbeck et Zoey Deutch. Pour les producteurs, ces distinctions valident le risque pris et saluent la cohérence artistique de l’ensemble, malgré un accueil public en salles plus mesuré.

Michèle Halberstadt regrette toutefois un certain malentendu autour du long-métrage. Selon elle, le film est parfois perçu à tort comme une œuvre réservée aux initiés, nécessitant une connaissance approfondie de l’histoire du cinéma. Elle insiste sur le fait que « Nouvelle Vague » raconte avant tout l’énergie et les doutes entourant la fabrication d’une première œuvre, une aventure universelle. Ce décalage entre l’enthousiasme des professionnels et la frilosité d’une partie des spectateurs illustre les défis persistants du cinéma d’auteur. Malgré cela, les producteurs restent convaincus que leur pari, né d’une passion partagée, a permis la création d’une œuvre qui marquera durablement le paysage cinématographique.

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