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Le Mozambique sous les eaux, une population à bout de souffle

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Des pluies torrentielles ont submergé le centre et le sud du pays, contraignant des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers et laissant derrière elles un paysage de désolation.

Une jeune mère de dix-sept ans, Erica, évoque un désespoir si profond qu’il a effleuré l’impensable. Réfugiée après avoir vu sa maison envahie par les flots, elle a mis au monde son premier enfant dans des conditions extrêmes, sur une simple table d’école. Son bébé, prématuré, porte le nom de Rosita, en hommage à une figure devenue symbole des inondations dévastatrices qui frappèrent le pays il y a plus de deux décennies. Pour Erica, comme pour tant d’autres, le retour à une vie normale semble désormais un horizon lointain, voire inaccessible.

Le bilan humain et matériel de ces intempéries, qui sévissent depuis plusieurs mois, est lourd. Les autorités font état de près de cent quarante victimes. Sur les six cent cinquante mille Mozambicains affectés par la catastrophe, environ cent mille ont trouvé un abri précaire dans des centres d’hébergement d’urgence aménagés dans des écoles ou d’autres bâtiments publics. Les infrastructures vitales du pays, routes, ponts et réseaux d’eau, ont été gravement endommagées, compliquant considérablement les secours et l’acheminement de l’aide.

Dans un de ces refuges de fortune, les récits se succèdent, tous porteurs d’une même détresse. Elsa, mère de cinq enfants, a vécu l’angoisse de la séparation lorsque la montée des eaux l’a empêchée de regagner son domicile, où étaient restés trois de ses enfants. Bien qu’évacués depuis, l’inquiétude la tenaille. Pour les agriculteurs, le désastre est également économique. Salvador, un cultivateur de soixante-sept ans, constate, impuissant, la perte de sa récolte et de ses moyens de subsistance. Ses champs, comme des centaines de milliers d’hectares à travers le pays, sont anéantis.

Les organisations humanitaires soulignent l’ampleur exceptionnelle de ces inondations, qui dépassent par leur intensité les épisodes pluvieux habituels. Au-delà du drame immédiat, c’est l’avenir de communautés entières qui se trouve compromis, laissant une nation face à un long et difficile processus de reconstruction.

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