Nous rejoindre sur les réseaux

Culture

Le mouvement des Gilets jaunes fait son entrée sur grand écran

Article

le

Deux films distincts abordent avec un regard neuf la contestation sociale qui a marqué la France entre 2018 et 2019, comblant un vide cinématographique sur ce sujet.

Le cinéma français s’empare enfin du phénomène des Gilets jaunes avec la sortie quasi simultanée de deux œuvres de fiction. Après des mois de silence des réalisateurs sur cette période de mobilisation intense, « Les Braises » de Thomas Kruithof et « Dossier 137 » de Dominik Moll proposent des perspectives narratives différentes sur cet épisode social.

Le premier film plonge au cœur des tensions familiales provoquées par l’engagement militant, suivant un couple dont l’équilibre est bouleversé par la participation du mari au mouvement. Le second s’attache aux investigations complexes d’une enquêtrice de l’Inspection générale de la police nationale, chargée d’élucider un dérapage policier survenu en marge d’une manifestation.

Cette double sortie comble un manque notable dans la production cinématographique française, qui avait jusqu’ici largement ignoré ce mouvement protestataire d’ampleur. Seul « La Fracture » de Catherine Corsini en 2021 avait intégré ce contexte en arrière-plan de son récit hospitalier. Cette frilosité contraste avec l’habitude hollywoodienne de s’approprier rapidement les sujets de société brûlants.

Les deux cinéastes ont d’ailleurs rencontré des réticences lors du montage financier de leurs projets. Certains partenaires leur ont explicitement déconseillé de mettre trop en avant la dimension Gilets jaunes, jugée peu commerciale. D’autres ont évoqué le caractère potentiellement clivant du sujet, révélant la persistance de sensibilités autour de ces événements.

Pour garantir l’authenticité de leur approche, les réalisateurs ont mené un important travail documentaire. Thomas Kruithof a longuement échangé avec d’anciens manifestants, dont certains apparaissent d’ailleurs à l’écran. Dominik Moll s’est quant à lui immergé dans les méthodes d’enquête de l’IGPN, découvrant la complexité de l’analyse des vidéos de manifestations.

Les deux artistes voient dans la fiction un moyen de dépasser le simple compte-rendu médiatique pour explorer les dimensions humaines et émotionnelles du mouvement. Loin des chiffres et des bilans, le cinéma permet selon eux d’appréhender la complexité des engagements individuels et la richesse des parcours personnels.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus