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Le cri d’alarme d’un militant après deux tentatives de suicide

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Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’Enfants et ancien membre de la Ciivise, a fait part de son extrême détresse dans une lettre lue à l’Assemblée nationale. Il y dénonce l’inaction de la société face aux conséquences mortifères des violences sexuelles sur les enfants.

Le président de l’association Mouv’Enfants, Arnaud Gallais, s’est adressé aux parlementaires par l’intermédiaire d’une lettre rendue publique mercredi. Absent de son audition prévue par la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, il en a révélé la raison. L’homme de 44 ans, lui-même victime d’inceste dans son enfance, a confié avoir effectué deux tentatives de suicide entre le 7 et le 22 février.

Dans ce texte, il a tenu à transmettre un message sans équivoque. Les agressions sexuelles subies durant l’enfance ont, selon ses termes, un pouvoir destructeur qui peut conduire à la mort, des années après les faits, de manière lente et silencieuse. Il a fustigé le mutisme et l’immobilisme de la société face à cette réalité.

Le militant a ensuite dressé un constat sévère du système judiciaire. Se fondant sur les statistiques, il a rappelé que seulement trois pour cent des agresseurs sont condamnés, une proportion qui tombe à moins de un pour cent dans les affaires d’inceste. Un tel dispositif, a-t-il estimé, épuise les victimes et peut les mener à l’effondrement.

Ancien membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, Arnaud Gallais a également évoqué les difficultés internes rencontrées au sein de cette instance. Il a pointé des dissensions, des non-dits et ce qu’il perçoit comme un affaiblissement de la portée politique des travaux.

Son appel à l’action se veut urgent. Il a cité des données préoccupantes, notamment le taux élevé d’addictions et de troubles gynécologiques parmi les victimes. Cette situation représente, à ses yeux, un scandale tant sanitaire que politique, ainsi qu’une faillite collective.

Il a enfin exhorté la commission parlementaire à mener ses investigations avec la plus grande fermeté. Celle-ci doit, selon lui, s’interroger sur les racines du problème les causes du faible nombre de condamnations, la fréquence des classements sans suite, la nature parfois traumatisante des expertises et les ambiguïtés persistantes du droit. Ces questions se posent dans un contexte où, selon les estimations de la Ciivise, environ cent soixante mille mineurs seraient concernés chaque année en France par des violences sexuelles.

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