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Culture

Le cinéaste palestinien Mohammed Bakri s’est éteint

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L’acteur et réalisateur, figure artistique majeure et voix engagée de la cause palestinienne, est décédé ce mercredi dans un hôpital du nord d’Israël.

Mohammed Bakri est mort à l’âge de soixante-dix ans au centre médical de Galilée, à Nahariya, des suites de complications cardiaques et pulmonaires. Artiste palestinien détenteur de la citoyenneté israélienne, il laisse une œuvre cinématographique et théâtrale profondément marquée par son engagement politique.

Né en 1953 en Galilée, il avait entamé une carrière d’acteur remarquée dès les années 1980. Son interprétation d’un prisonnier palestinien dans le film « Au-delà des murs » lui avait valu une reconnaissance critique internationale. Sa filmographie compte également des collaborations avec des cinéastes de renom, tels que Costa-Gavras ou les frères Taviani, ainsi qu’une apparition dans la série française « Le Bureau des Légendes ».

C’est cependant avec la réalisation du documentaire « Jénine, Jénine » en 2002 que Mohammed Bakri a acquis une notoriété mondiale. Le film, qui revient sur l’offensive militaire israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie durant la seconde Intifada, a suscité de vives polémiques. Interdit de diffusion en Israël par décision de justice en 2022, après des années de procédures, l’œuvre avait été qualifiée de diffamatoire par la Cour suprême israélienne. Elle a été primée à plusieurs reprises à l’étranger et projetée dans des cinémathèques israéliennes.

Tout au long de sa carrière, Mohammed Bakri a utilisé son art comme une forme de résistance et de témoignage, réalisant plusieurs documentaires sur la condition des Palestiniens en Israël. Son parcours a été régulièrement ponctué de confrontations avec les autorités israéliennes.

Père de six enfants, dont trois ont embrassé la carrière d’acteur, il a plusieurs fois partagé l’affiche avec son fils Saleh Bakri. Une radio israélienne arabophone lui a rendu hommage, saluant en lui une « voix libre » dont l’héritage artistique demeure un acte de résistance.

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