Culture
Le chant ancestral des montagnes marocaines en voie d’extinction
Dans les vallées reculées du Haut Atlas, une langue millénaire transmise par le sifflement se meurt au rythme de l’exode rural et des bouleversements climatiques. Une poignée de bergers tente de préserver ce patrimoine immatériel unique.
Au cœur des montagnes escarpées du Haut Atlas, la communication entre les habitants repose depuis des siècles sur un langage sifflé qui porte à plusieurs kilomètres. Hammou Amraoui et son fils Brahim, éleveurs dans le hameau isolé d’Imzerri, manient avec aisance cette pratique ancestrale qu’ils comparent à un téléphone naturel. Apprise dès l’enfance, cette forme de dialogue permet de maintenir le lien entre les bergers disséminés sur les versants.
Ce système linguistique, appelé « Assinsg » en amazigh, repose sur une transcription sifflée de la langue berbère. Sa compréhension exige une immersion prolongée dans le milieu pastoral qui l’a vu naître. Selon les spécialistes, cette tradition ne subsiste plus que dans le Haut Atlas central, bien que des langues sifflées similaires aient été recensées dans une centaine de communautés à travers le monde.
L’isolement géographique du village d’Imzerri, accessible après une marche de près de deux heures, a longtemps préservé cet héritage. Mais l’absence d’infrastructures de base et la précarité économique ont accéléré le départ des jeunes générations. La province d’Azilal affiche un taux de pauvreté bien supérieur à la moyenne nationale, poussant de nombreuses familles à quitter ces terres d’altitude.
Le pastoralisme, socle de ce mode de communication, est par ailleurs fragilisé par des sécheresses récurrentes. Pour la première fois en 2024, Hammou et Brahim ont dû migrer avec leur troupeau à plus de 350 kilomètres, contraints par le manque de pâturages. Cette rupture avec la transhumance traditionnelle illustre la vulnérabilité croissante de leur culture.
Face à cette double menace, Brahim Amraoui a fondé une association pour documenter et enseigner la langue sifflée à ses descendants. Son fils Mohamed, douze ans, représente l’un des derniers enfants à maîtriser ce code sonore. Des recherches sont en cours pour obtenir le classement de ce patrimoine par l’Unesco, ultime recours pour assurer sa transmission. La question demeure de savoir si cette tradition pourra survivre aux mutations profondes qui affectent les communautés montagnardes.
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