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Économie

Le cauchemar sonore des riverains de Roissy

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Des milliers d’habitants subissent les nuisances aériennes nocturnes, sans perspective d’apaisement à court terme.

À Gonesse, dans le Val-d’Oise, le survol régulier des appareils constitue le quotidien sonore de milliers de personnes. Les riverains, situés à proximité immédiate des aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget, décrivent une existence rythmée par le passage incessant des avions. Si certains affirment s’être habitués à ce bruit de fond permanent, d’autres évoquent des nuits perturbées et un sentiment d’impuissance.

Une consultation citoyenne organisée au printemps 2024 a pourtant révélé une attente massive de restrictions. Près de 97 % des participants se sont prononcés en faveur d’une interdiction des vols nocturnes sur les plateformes franciliennes. Pourtant, aucune mesure de cet ordre n’est envisagée pour Roissy, contrairement à ce qui est en vigueur depuis des décennies à Orly.

Les relevés acoustiques confirment l’exposition chronique de la zone à des niveaux sonores supérieurs aux seuils réglementaires. Une étude estime même que le bruit cumulé des transports, dominé par le trafic aérien, réduirait l’espérance de vie en bonne santé de plus de deux ans pour les habitants de Gonesse.

Face à cette situation, les positions divergent. Les représentants d’Aéroports de Paris reconnaissent les nuisances, mais mettent en avant les efforts techniques réalisés et les conséquences économiques qu’aurait un couvre-feu, notamment pour l’activité cargo. De leur côté, les associations de riverains et certains élus locaux dénoncent l’immobilisme des pouvoirs publics et réclament le droit à un sommeil préservé.

Entre colère et résignation, la population concernée semble partagée. Beaucoup ont appris à vivre fenêtres closes, équipés de protections auditives, quand d’autres militent activement pour une régulation plus stricte des rotations nocturnes. Pour l’heure, aucune avancée tangible ne se profile à l’horizon, laissant intacte une problématique ancienne qui continue de diviser habitants, autorités aéroportuaires et décideurs politiques.

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