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Économie

Le bio français face à un tournant historique

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_**Pour la première fois, le nombre d’exploitations agricoles engagées dans l’agriculture biologique a reculé en 2025, alors même que la demande des consommateurs repart à la hausse, selon les premières estimations de l’Agence Bio.**_

Le paysage de l’agriculture biologique en France connaît une évolution inédite. Les dernières données indiquent un recul de 386 exploitations entre 2024 et 2025, portant leur nombre total à 61 490. Cette baisse, bien que modeste à 0,6%, marque une rupture après des années de croissance continue. Elle s’explique par un nombre d’installations inférieur à celui des départs, qu’ils soient dus à des cessations d’activité ou à des abandons de ce mode de production.

Cette tendance intervient dans un contexte paradoxal où la consommation de produits bio affiche un net rebond. Après une période de repli liée à la pression inflationniste, les achats des ménages ont progressé de 3,5% en valeur l’an dernier. La grande distribution, à l’exception des enseignes discount, participe à cette reprise. Les préoccupations sanitaires, reléguées au second plan ces dernières années, retrouvent une place centrale dans les motivations d’achat, un phénomène potentiellement accentué par les récents débats législatifs sur les produits phytosanitaires.

Les acteurs de la filière s’inquiètent d’un possible déséquilibre entre l’offre et la demande. La dynamique de « déconversion », observée aussi bien chez les producteurs que chez les transformateurs, se poursuit. Elle se traduit par des reliquats importants dans les fonds européens destinés à accompagner la transition vers le bio. La surface agricole utile dédiée à ce mode de production a d’ailleurs diminué pour la deuxième année consécutive, s’éloignant de l’objectif national fixé à 21% d’ici 2030.

La situation place les pouvoirs publics et la profession devant un défi de taille. Il s’agit de consolider la confiance des agriculteurs et de sécuriser les filières pour éviter des tensions d’approvisionnement futures. La stabilité des outils de soutien, comme l’Agence Bio elle-même récemment concernée par des incertitudes budgétaires, apparaît comme un élément clé pour inverser la tendance et accompagner la conversion, un processus qui s’étale sur plusieurs années. L’enjeu est de transformer l’essor de la consommation en une trajectoire de production pérenne.

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