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Culture

Le banh mi, une appropriation culinaire vietnamienne

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Symbole d’une gastronomie réinventée, ce sandwich emblématique incarne le métissage culturel entre héritage colonial et identité locale.

Le jour se lève à peine sur Hanoï que Nguyen Thi Van dispose avec soin les ingrédients de son échoppe de banh mi. Dans le quartier autrefois fréquenté par les colons français, ce sandwich à la baguette, bien que d’origine étrangère, s’est fondu dans le paysage du quotidien vietnamien. Pour beaucoup, il relève désormais de l’évidence culinaire, un patrimoine gustatif dont les racines historiques s’effacent devant la simplicité des habitudes.

Introduite durant la période coloniale, la baguette de pain a été progressivement adoptée et transformée par les Vietnamiens. Loin de se contenter d’une reproduction, ceux-ci en ont fait le support d’une création originale, associant pâté, viandes, légumes marinés et condiments locaux. Aujourd’hui, chaque vendeur possède sa recette, sa signature, faisant du banh mi bien plus qu’un simple en-cas. Il accompagne les travailleurs à l’aube, anime les pauses déjeuner et s’impose comme une étape incontournable pour les visiteurs étrangers.

Des files d’attente se forment aux heures de forte affluence, preuve de son ancrage dans les routines urbaines. Les touristes, notamment asiatiques, viennent y goûter comme l’une des expressions authentiques de la street food vietnamienne. Certains stands, transmis de génération en génération, forment même les plus jeunes à l’art de sa confection. Si sa renommée internationale n’est plus à faire, le banh mi demeure avant tout une affaire de saveurs et de variations infinies, où chaque bouchée raconte une histoire d’adaptation et de fierté nationale.

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