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Économie

L’avenir du projet Scaf en suspens avant le sommet franco-allemand

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Le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, remet en cause la viabilité du programme d’avion de combat européen, évoquant des déséquilibres structurels.

Le dirigeant de Dassault a exprimé publiquement ses réserves quant à la faisabilité du Système de combat aérien du futur (Scaf), un projet phare censé doter l’Europe d’une capacité militaire autonome. Lors d’une conférence de presse tenue mardi, il a souligné les lacunes de gouvernance d’une initiative menée à trois pays – France, Allemagne et Espagne – sans véritable pilote industriel. « Comment diriger un projet quand on fait face à un partenaire deux fois plus imposant ? », a-t-il interrogé, en référence à Airbus, représentant les intérêts allemands.

Ce programme, lancé en 2017, ambitionne de remplacer à l’horizon 2040 les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols. Pourtant, les tensions persistent entre Dassault, maître d’œuvre côté français, et Airbus, qui défend une approche différente. Les deux industriels s’opposent notamment sur la répartition des responsabilités pour la phase cruciale de construction du démonstrateur, prévue après 2026.

La rencontre entre Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, ce mercredi à Berlin, pourrait être décisive pour relancer les discussions. Les deux capitales cherchent à surmonter leurs divergences alors que l’Europe tente d’affirmer sa souveraineté en matière de défense. En parallèle, le Scaf doit composer avec l’émergence d’un concurrent direct, le Global Combat Air Programme, porté par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.

Par ailleurs, Éric Trappier a déploré les récentes commandes européennes d’avions américains F-35, jugées incompatibles avec les ambitions d’autonomie stratégique du Vieux Continent. Une critique qui résonne alors que la Belgique vient d’annoncer l’acquisition de onze appareils supplémentaires. « Poutine ne craint ni le Rafale ni l’Eurofighter, mais bien le F-35 », a déclaré le ministre belge de la Défense, illustrant les défis auxquels font face les industriels européens.

La crédibilité du Scaf repose désormais sur la capacité des partenaires à trouver un compromis viable, sous peine de voir ce projet structurant perdre définitivement son élan.

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