Société
L’appel de l’affaire libyenne s’ouvre sur la défense d’Éric Woerth
_**L’ancien trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy a tenté, devant la cour, de justifier l’origine de sommes en espèces dont la provenance reste non élucidée.**_
Devant la cour d’appel de Paris, Éric Woerth a présenté ses arguments concernant les mouvements d’argent liquide survenus durant la campagne présidentielle de 2007. L’ancien trésorier, relaxé en première instance mais dont les explications avaient été jugées peu convaincantes, a reconnu que ces flux pouvaient paraître inhabituels. Il a toutefois maintenu que ces fonds provenaient de donateurs anonymes, refusant selon lui toute déduction fiscale. L’intéressé a concédé que ces versements auraient pu faire l’objet d’une déclaration aux autorités, une démarche qu’il n’a pas entreprise, estimant que les montants en cause étaient marginaux au regard du budget global de la campagne.
Nicolas Sarkozy, présent à l’audience, écoute les débats qui engagent directement sa responsabilité. L’ancien chef de l’État, condamné dans une autre affaire, réitère son innocence quant aux accusations de financement occulte par des fonds libyens. Son intervention initiale a été marquée par une sobriété notable, contrastant avec le ton parfois véhément adopté lors des précédentes audiences. L’enquête n’a pas permis d’établir un lien matériel entre les fonds de la campagne et le régime de Mouammar Kadhafi, mais les juges d’instruction avaient émis l’hypothèse que ces liquidités pouvaient en provenir.
Éric Woerth a justifié l’absence de traçabilité de ces sommes en arguant qu’il ne s’agissait pas, selon lui, de dépenses électorales à proprement parler, mais de gratifications versées à certains collaborateurs. Il a souligné le caractère exceptionnel de la période, susceptible selon lui d’expliquer des comportements inhabituels de la part de certains sympathisants. Face aux interrogations persistantes de la justice, il a affirmé ne pouvoir fournir d’autres éclaircissements, se bornant à décrire les faits tels qu’il les a perçus.
Outre Nicolas Sarkozy et Éric Woerth, huit autres personnes sont concernées par cette procédure d’appel, parmi lesquelles Claude Guéant et Brice Hortefeux. Ce dernier a annoncé qu’il démontrerait prochainement l’inexactitude des faits qui lui sont reprochés. Les audiences doivent se poursuivre jusqu’à la fin du mois de mai.
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