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L’ancien patron de la lutte antidrogue face à ses contradictions
_**Lors de son procès à Bordeaux, l’ex-directeur de l’Ocrtis a reconnu des fautes dans la gestion d’un informateur clé, au cœur d’une affaire de trafic de cannabis à grande échelle.**_
Devant la cour, l’ancien responsable a tenté de justifier les méthodes employées sous son mandat. Il a défendu le principe des infiltrations et des livraisons tolérées, une approche visant selon lui à remonter jusqu aux organisateurs des réseaux criminels. Cette stratégie, a-t-il affirmé, a longtemps porté ses fruits avant qu’un événement majeur ne vienne en révéler les risques.
L’affaire trouve son origine dans la découverte fortuite de plusieurs tonnes de résine de cannabis dans la capitale française, en 2015. Ce stock considérable correspondait à une opération qui était théoriquement sous le contrôle de ses services. L’accusation soutient que cet arrivage a été facilité par l’indicateur principal de l’ancien fonctionnaire, un individu dont il gérait personnellement le dossier.
Interrogé sur la nature de sa relation avec cet homme, le prévenu a exprimé ses doutes. Il a concédé avoir commis des erreurs d’appréciation et laissé la possibilité que son contact ait pu détourner les opérations à son avantage. « J’aurai toujours le soupçon », a-t-il déclaré, tout en niant fermement avoir cherché à dissimuler des informations aux autorités judiciaires.
Le débat s’est notamment concentré sur les limites de la collaboration avec les sources. Le magistrat instructeur a questionné la poursuite de cette coopération après la libération de l’indicateur, suggérant une forme de protection. L’ancien commissaire a rejeté cette idée, qualifiant cela de « mythe », et a rétorqué que son rôle consistait uniquement à superviser des flux pour en identifier les commanditaires.
L’un de ses conseils a, pour sa part, pointé la complexité de ces pratiques policières et ce qu’il a présenté comme une certaine ambivalence du monde judiciaire à leur égard. Selon lui, ces techniques sont acceptées tant qu’elles réussissent, mais font l’objet de critiques a posteriori lorsqu’elles échouent.
L’audience se poursuivra pour examiner plus avant les responsabilités de chacun dans cette affaire qui a conduit à une refonte des procédures de lutte contre le trafic de stupéfiants.
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