Nous rejoindre sur les réseaux

Culture

La Slovénie vibre au rythme des mythiques 2CV

Article

le

Plus de 3 000 exemplaires de l’emblématique Citroën ont convergé vers Postojna pour célébrer un art de vivre délibérément lent.

Dans un monde obsédé par la vitesse et la technologie, les propriétaires de 2CV défendent une philosophie singulière. Leur rassemblement bisannuel, qui fête cette année son 25e anniversaire, attire des passionnés venus d’une quarantaine de pays. Pour eux, cette voiture incarne bien plus qu’un simple moyen de transport.

Karmen Uglesic, organisatrice de l’événement, décrit l’expérience avec simplicité. « Dès que l’on s’installe au volant, le stress disparaît. C’est une invitation à profiter du voyage. » Cette Slovène, employée au Parlement depuis deux décennies, partage cette passion avec son mari. Ensemble, ils parcourent les routes du pays, capote ouverte, sans autre objectif que le plaisir de la route.

Parmi les participants, Gabriele Salvoni, un Italien de 55 ans, a parcouru 400 kilomètres à un rythme paisible. « À 90 km/h maximum, on redécouvre le paysage. C’est une autre manière de voyager », confie-t-il, une bière à la main, sur l’aérodrome de Postojna transformé en lieu de rassemblement.

Même en Allemagne, où les autoroutes sans limitation de vitesse glorifient la puissance, certains optent pour cette douceur mécanique. Jamie, une artiste hambourgeoise de 26 ans, souligne l’actualité du mouvement. « Aujourd’hui, beaucoup aspirent à ralentir. La 2CV symbolise cette résistance à l’urgence permanente. »

La voiture, dont la production s’est arrêtée en 1990, séduit aussi les nouvelles générations. Aleksandar Dincic, 16 ans, en est la preuve. Son père, propriétaire d’un modèle en Serbie, lui permet déjà de prendre le volant sur des routes tranquilles. « Elle est intuitive, même sans toutes les aides électroniques des voitures modernes », explique-t-il.

La simplicité de la mécanique reste un atout majeur. « Le moteur est accessible. On peut tout réparer soi-même », affirme Gabriele Salvoni, montrant ses tatouages de 2CV en hommage à ses enfants. Conçue pour être économique et robuste, la voiture a traversé les décennies sans perdre son âme.

L’événement est aussi l’occasion d’admirer des modèles personnalisés avec audace. Une 2CV jaune surmontée d’un canard géant côtoie une limousine rallongée, preuve que l’imagination des propriétaires n’a pas de limites. « Pour beaucoup, cette voiture est une toile blanche », observe Karmen Uglesic.

Sous le soleil slovène, ces milliers de 2CV rappellent que la route peut encore se parcourir avec légèreté. Loin des performances et des gadgets, elles célèbrent une époque où conduire était avant tout une aventure.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus