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Économie

La pression immobilière gagne les campagnes françaises

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Les territoires ruraux, longtemps épargnés par les tensions du marché, font face à une pénurie croissante de logements accessibles. Les élus locaux multiplient les appels pour attirer les investisseurs sociaux dans des zones délaissées.

La question du logement dépasse désormais le cadre strict des métropoles pour concerner pleinement les communes rurales. Ces territoires, historiquement moins dotés en habitations à loyer modéré, enregistrent une augmentation sensible des besoins. Les bailleurs sociaux sont interpellés pour développer leur présence dans des zones où l’offre reste insuffisante face à une demande qui se renforce.

En Loire-Atlantique, par exemple, l’adhésion des maires à ce type de projets devient quasi systématique, qu’il s’agisse de secteurs urbains ou ruraux. Pourtant, aucune obligation légale ne contraint les communes rurales, contrairement à celles de plus de 3 500 habitants en zone agglomérée. Les données sectorières confirment que les tensions les plus vives s’observent dans les grandes villes et les zones littorales ou frontalières très attractives. Mais l’indicateur du nombre de demandes par rapport à la population révèle aussi des situations critiques dans des intercommunalités plus modestes, parfois supérieures à 16 %.

Les élus ruraux se heurtent à des difficultés similaires à celles des zones tendues, avec des causes variées. Un phénomène de « gentrification rurale » est pointé, lié à l’arrivée de ménages quittant les centres-villes pour des raisons budgétaires. Cette nouvelle dynamique complique l’accès au logement pour les populations locales, comme le constatent certains acteurs à Labarthe-sur-Lèze, près de Toulouse, où la réhabilitation d’une ferme a permis de créer 34 logements.

Le modèle économique de ces opérations représente un défi. Les loyers ne peuvent être alignés sur ceux des grandes agglomérations, en raison de revenus moyens souvent inférieurs. Or, le coût de construction ou de réhabilitation en milieu rural excède fréquemment celui observé en ville, avec des surcoûts pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par logement. Certains bailleurs sociaux se montrent réticents, laissant parfois des structures associatives prendre le relais, comme Soliha en Seine-et-Marne, qui transforme d’anciens bâtiments communaux en logements très sociaux.

Ces projets présentent un triple avantage. Ils offrent des habitations à prix maîtrisé, revitalisent le patrimoine bâti et contribuent au maintien de la population. Pour autant, les élus déplorent la difficulté à mobiliser les investisseurs institutionnels et réclament un programme d’ampleur, comparable à l’ANRU, spécifiquement dédié à l’aménagement et à la rénovation du parc immobilier rural.

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