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La peur au ventre, des parents sans-papiers s’organisent pour protéger leurs enfants

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À Minneapolis, des familles immigrées, terrifiées à l’idée d’être appréhendées par les autorités, multiplient les démarches pour désigner des tuteurs légaux à leurs enfants en cas d’arrestation.

L’angoisse est palpable dans de nombreux foyers de Minneapolis. Des parents en situation irrégulière, comme Nina, une Équatorienne de 25 ans, vivent cloîtrés, obsédés par un scénario cauchemardesque. Ils craignent qu’une interpellation par les services de l’immigration ne les sépare brutalement de leurs jeunes enfants, laissant ces derniers livrés à eux-mêmes. Pour Nina, la simple idée d’être arrêtée alors que sa fille de quatre ans est à l’école est une perspective insoutenable. Cette peur a paralysé sa vie quotidienne, au point de l’empêcher de sortir pour officialiser un document crucial.

Face à cette détresse, des initiatives citoyennes ont vu le jour. Daniel Hernandez, un entrepreneur local, s’est mobilisé pour faciliter l’accès à la délégation d’autorité parentale, un acte notarié permettant de désigner un tuteur légal. Il effectue des tournées à domicile pour faire signer ces formulaires à des familles qui, souvent, n’osent plus se déplacer. Son action, qu’il mène bénévolement, connaît un afflux considérable. Il indique avoir ainsi sécurisé la situation de plus d’un millier d’enfants et avoir des centaines d’autres demandes en attente, signe de l’ampleur de l’inquiétude.

Cette vague d’appréhensions a été exacerbée par plusieurs affaires récentes ayant défrayé la chronique locale. L’arrestation d’un jeune garçon de cinq ans, dont l’image a marqué les esprits, a servi de électrochoc pour de nombreux parents. Bien que l’enfant et son père aient depuis été libérés, l’épisode a profondément ébranlé la communauté. Pour Richard Torres, un demandeur d’asile vénézuélien, l’expérience a été directe et traumatisante. Sa femme et leur fille de deux ans, atteinte d’autisme, ont été brièvement détenues au Texas à la suite d’une confusion administrative, une erreur depuis reconnue par un juge.

Ces événements ont convaincu des familles entières que le risque était tangible et imprévisible. La délégation d’autorité parentale est désormais perçue par beaucoup comme une ultime bouée de sauvetage, un filet de sécurité minimal en des temps incertains. Pour Richard Torres, ce document, qui confie la garde de sa fille à une cousine de confiance, apporte un semblant de réconfort. Il résume le sentiment d’impuissance qui prévaut en déclarant que cette formalité est le seul moyen de garantir une protection élémentaire à leurs proches, dans un contexte où les repères semblent avoir disparu.

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