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La mémoire de Samuel Paty défendue face aux accusations de discrimination

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Les proches de l’enseignant assassiné en 2020 ont pris la parole à la barre pour saluer un pédagogue « tolérant » et exprimer leur profond rejet des insinuations portées contre lui.

Les parents et la sœur de Samuel Paty ont rendu hommage, mardi, à l’homme et au professeur qu’il était. Devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, ils ont décrit un éducateur soucieux du respect de chacun, farouchement attaché aux valeurs laïques et républicaines. Bernadette Paty, mère de l’enseignant, a fermement rejeté les qualifications d’« islamophobe » ou de « raciste » parfois associées à son fils, qualifiant ces allégations de « rumeur » insupportable. Le couple a indiqué quitter la procédure avant son terme pour ne pas avoir à entendre les arguments de la défense.

Quatre hommes comparaissent pour leur implication dans les événements ayant conduit à l’assassinat de Samuel Paty, tué à la sortie de son établissement scolaire en octobre 2020. Deux d’entre eux sont accusés d’avoir fourni des armes à l’auteur des faits. Les deux autres, un parent d’élève et un prédicateur, sont jugés pour leur rôle dans la campagne de diffamation et de haine qui a précédé le drame. L’un avait relayé des accusations infondées, l’autre avait produit et diffusé des vidéos virulentes ciblant le professeur.

L’audience a été marquée par des passes d’armes sur la manière dont Samuel Paty avait conduit son cours sur la liberté d’expression. L’avocat de l’un des prévenus a évoqué des témoignages d’élèves selon lesquels l’enseignant aurait invité les élèves musulmans à quitter la salle au moment de montrer des caricatures. Le conseil des parties civiles a dénoncé une présentation tronquée et partiale de ces déclarations. La présidente de la cour a en effet fait lire d’autres extraits où les mêmes adolescents affirmaient ne s’être nullement sentis stigmatisés et décrivaient un professeur attentif.

La défense a tenté de nuancer son propos en reconnaissant que Samuel Paty n’était « ni raciste, ni islamophobe », tout en insistant sur les « clivages » que sa pédagogie aurait pu créer au sein de l’équipe éducative. Un autre enseignant de l’établissement a confirmé avoir exprimé à l’époque un désaccord sur la méthode, tout en refusant catégoriquement d’y voir une quelconque discrimination, évoquant plutôt une « erreur ponctuelle ». Une professeure de lettres, interrogée sur d’éventuels malaises d’élèves sur plusieurs années, a répondu par la négative.

Pour sa sœur Gaëlle, Samuel Paty était « extrêmement tolérant » et « particulièrement vigilant à ne pas heurter les sensibilités ». Selon elle, c’est précisément par souci de protection qu’il offrait à ses élèves la possibilité de détourner le regard ou de sortir momentanément. Un collègue professeur de mathématiques a rappelé que ce cours avait été dispensé à plusieurs reprises sans incident par le passé. Interrogé sur d’éventuels préjugés de la victime, il a répondu par un double démenti catégorique.

Gaëlle Paty a exprimé sa tristesse face au déroulement de certains échanges, estimant que la gravité des faits jugés semblait parfois s’effacer. Elle a appelé à ce que les débats se poursuivent avec la dignité que mérite la mémoire de son frère. Le verdict de ce procès en appel est attendu pour le 27 février.

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