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La justice face à la défiance, l’enjeu des peines d’inéligibilité au cœur du procès du RN

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Le parquet a dénoncé, lors de l’audience d’appel, une entreprise de discrédit visant l’institution judiciaire, tout en annonçant son intention de requérir des sanctions privatives de droits civiques.

Les magistrats du parquet général ont développé, ce mardi, un réquisitoire sévère à l’encontre de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de plusieurs de ses cadres. Ils ont immédiatement indiqué qu’ils demanderaient la confirmation des condamnations prononcées en première instance, incluant des peines d’inéligibilité. Cette annonce intervient dans le cadre du procès en appel concernant l’emploi présumé fictif d’assistants parlementaires européens entre 2004 et 2016, une affaire aux conséquences politiques majeures.

L’un des avocats généraux a ouvertement critiqué ce qu’il a qualifié de stratégie visant à délégitimer le pouvoir judiciaire. Il a rejeté l’idée que cette procédure puisse constituer un obstacle politique, rappelant que la justice se borne à appliquer la loi. Il a toutefois relevé une atmosphère plus apaisée lors de cette seconde audience, contrastant avec le climat tendu des premiers débats, marqués par de multiples recours et des tensions.

Les représentants du ministère public ont insisté sur la gravité des faits reprochés, à savoir l’utilisation de fonds européens pour rémunérer des collaborateurs du parti lors d’une période de difficultés financières. Ils ont souligné que la fonction élective impliquait une exigence particulière de respect du droit et ne pouvait servir de protection. La cour d’appel, dont la décision est attendue avant l’été, devra notamment se prononcer sur la durée d’une éventuelle inéligibilité, un paramètre déterminant pour l’avenir politique de la principale prévenue.

Plus tôt dans la journée, les avocats du Parlement européen, constitué partie civile, avaient déploré une violation durable de la confiance et un détournement de plusieurs millions d’euros. Ils ont contesté la défense des prévenus, qui invoquaient des ambiguïtés dans le règlement, affirmant que les dossiers démontraient une transgression claire des règles. L’un d’eux a employé une métaphore ironique pour résumer cette position, évoquant une main prise dans le pot sans vouloir reconnaître la nature de son contenu.

Tout au long des débats, la direction du parti et ses élus ont été décrits comme ayant géré ces emplois de manière désorganisée. Marine Le Pen a pour sa part maintenu sa ligne de défense, niant toute intention frauduleuse et invoquant sa bonne foi, tout en concédant des dysfonctionnements internes. L’issue de ce procès conditionnera directement sa capacité à briguer de nouveau la présidence de la République.

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