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La guerre invisible des douanes contre les stupéfiants

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Dans les laboratoires spécialisés, les experts traquent sans relâche les nouvelles molécules qui inondent le marché illicite. Une course contre la montre face à l’évolution constante des drogues de synthèse.

Chaque semaine, des centaines de sachets suspects atterrissent sur les paillasses du laboratoire de Massy, en Essonne. Ces prélèvements, issus des saisies réalisées notamment aux aéroports parisiens, témoignent de l’ampleur du trafic. Les techniciens y décèlent principalement de la cocaïne à haut degré de pureté et du cannabis, mais aussi une multitude de substances synthétiques aux formules toujours plus innovantes.

Antoine Devemy, responsable du Service commun des laboratoires, décrit une augmentation significative des échantillons analysés depuis la pandémie. Le nombre de nouvelles drogues identifiées suit la même courbe ascendante. Les cathinones et cannabinoïdes de synthèse dominent ce marché parallèle, avec des effets parfois imprévisibles sur la santé. Les douanes françaises ont d’ailleurs intercepté trois tonnes de ces produits en 2024, un record absolu.

Face à ces molécules furtives, les scientifiques utilisent des techniques de pointe. Le spectromètre de masse permet de comparer les échantillons avec une base de données exhaustive. Lorsqu’aucune correspondance n’apparaît, commence un travail de détective chimique pour percer la structure moléculaire. Une dizaine de découvertes annuelles sont ainsi partagées avec les réseaux européens, comme ce fut le cas récemment pour les nitazènes, des opioïdes ultra-puissants détectés à La Réunion.

L’Observatoire français des drogues note l’émergence de tendances préoccupantes. Certaines substances, comme la 3-MMC popularisée par l’affaire Palmade, connaissent un pic de consommation avant de disparaître. D’autres s’installent durablement dans le paysage festif, touchant des publics toujours plus larges. Cette évolution rapide oblige les législateurs à adapter en permanence la liste des produits prohibés, tandis que les trafiquants ne cessent de réinventer leurs recettes.

Dans cette bataille silencieuse, chaque analyse contribue à cartographier un phénomène en mutation perpétuelle. Les douanes françaises, en première ligne, doivent sans cesse perfectionner leurs méthodes pour rester en phase avec l’ingéniosité des réseaux criminels.

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