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Politique

La foi en politique, un dilemme intime face à la fin de vie

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_**Alors que le Sénat examine des propositions de loi sur l’aide à mourir, les convictions religieuses de certains élus entrent en résonance, parfois de manière assumée, avec leur devoir parlementaire.**_

Le débat législatif sur la fin de vie, qui s’ouvre au Palais du Luxembourg, confronte les sénateurs à l’une des questions éthiques les plus complexes de notre époque. Pour un certain nombre d’entre eux, cette réflexion est profondément marquée par leurs croyances personnelles. Si l’invocation de la foi en séance publique demeure souvent discrète, son influence sur la formation de l’opinion et le vote final est reconnue par plusieurs élus.

La perspective d’instaurer un droit à une assistance médicalisée pour mourir suscite des réserves substantielles chez des parlementaires de diverses sensibilités politiques. Ils estiment que cette évolution législative modifierait en profondeur notre rapport collectif à l’existence et à la mort. Pour certains, issus de traditions religieuses, elle s’éloignerait d’une conception de l’accompagnement fondée sur la sollicitude et le refus de l’abandon.

La gauche, majoritairement favorable à une évolution de la loi, compte également des voix qui s’interrogent. Des élus socialistes reconnaissent que ce sujet exige une forme d’introspection, où l’héritage de convictions personnelles entre en dialogue avec la responsabilité de représenter l’ensemble de la nation. L’objectif pour eux est de parvenir à une position équilibrée, qui ne trahisse ni leurs électeurs ni leur for intérieur, tout en évitant toute instrumentalisation.

Les principales institutions religieuses en France ont, de leur côté, exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes quant aux risques de dérive d’une telle législation. Leurs prises de position trouvent un écho au sein du Parlement, où des groupes de réflexion informels rassemblant des élus croyants permettent des échanges réguliers. Certains amendements déposés, visant par exemple à protéger la liberté de conscience des établissements de santé confessionnels, portent explicitement la marque de ces préoccupations.

Pourtant, nombreux sont les parlementaires opposés au texte qui insistent sur la nécessité de fonder leur raisonnement sur des arguments juridiques, sociétaux ou médicaux, plutôt que sur des motifs strictement confessionnels. Ils entendent ainsi élever le débat au-dessus de toute suspicion d’archaïsme ou de conservatisme idéologique. Cette volonté de distinguer la sphère de la conviction personnelle de celle de la décision politique illustre la tension permanente qui habite tout élu dans une République laïque, tiraillé entre ses principes intimes et son mandat au service de l’intérêt général.

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