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Kenya en ébullition : répression meurtrière lors des commémorations contestataires

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Un an après le mouvement de révolte historique, les tensions resurgissent violemment dans les rues de Nairobi, faisant deux morts et des centaines de blessés.

La capitale kényane a de nouveau basculé dans le chaos ce mercredi, lors de rassemblements marquant l’anniversaire des protestations massives de 2024. Les heurts entre forces de l’ordre et manifestants ont tourné au drame, avec un bilan provisoire de deux décès et plus de 300 blessés, dont plusieurs dans un état critique. Les scènes de violence, ponctuées de tirs de gaz lacrymogènes et de projectiles, rappellent amèrement la répression sanglante de l’an dernier, où plus de 60 personnes avaient perdu la vie.

À Nairobi, des milliers de jeunes ont bravé les interdictions pour exiger justice et dénoncer les abus policiers. Les slogans « Ruto doit partir » et « Libération » ont résonné dans les artères enflammées, tandis que des portraits des victimes de 2024 étaient brandis comme des symboles de lutte. Les autorités ont tenté d’étouffer la mobilisation en interdisant les retransmissions en direct et en limitant l’accès à certaines plateformes numériques, sans parvenir à stopper l’élan protestataire.

Les tensions se sont envenimées en début de soirée, lorsque des groupes ont affronté les policiers près du Parlement, épicentre des revendications. Des témoins décrivent une escalade rapide : jets de pierres, grenades assourdissantes et canons à eau déployés en réponse. À Mombasa et dans d’autres régions, des rassemblements similaires ont dégénéré, alimentés par la colère contre la vie chère, la corruption et les promesses non tenues du pouvoir.

L’ombre des violences policières plane lourdement sur ces événements. Le récent décès suspect d’un enseignant en détention, présenté comme un suicide par les autorités avant que la vérité n’éclate, a ravivé la défiance envers les forces de sécurité. Les appels à une enquête indépendante se multiplient, tandis que le gouvernement affiche son soutien inconditionnel aux policiers, accusés par les organisations de droits humains d’impunité systémique.

Dans ce climat explosif, la jeunesse kényane, diplômée mais privée d’emplois, incarne le cœur de la contestation. « On ne peut plus compter sur ce régime », lance un étudiant, résumant le désespoir d’une génération sacrifiée. Alors que les blessés affluent dans les hôpitaux et que le pays retient son souffle, une question persiste : jusqu’où ira cette nouvelle vague de colère ?

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