Culture
John Kani, la voix indomptée qui défie les pouvoirs
L’icône sud-africaine du théâtre et du cinéma, survivant de l’apartheid et nouvelle recrue de l’Académie des Oscars, affirme avec une conviction intacte que l’art doit interpeller sans relâche ceux qui dirigent le monde.
Le vénérable comédien arpente les travées du théâtre qui porte son nom à Johannesburg, cherchant du regard un siège en particulier. À quatre-vingt-deux ans, John Kani s’arrête finalement devant le fauteuil numéro 15E, près des escaliers. « C’est ici que Nelson Mandela s’asseyait », confie-t-il, un sourire empreint de solennité aux lèvres. Il se remémore cette soirée où le premier président démocratiquement élu d’Afrique du Sud avait interrompu la représentation pour demander, avec cette courtoisie qui le caractérisait, qu’on reprenne depuis le début à cause de problèmes d’audition.
Récemment admis au sein de l’Académie des Oscars, l’artiste incarne une carrière entière dédiée à la scène et à l’écran. Bien avant son rôle de T’Chaka dans *Black Panther* ou sa voix de Rafiki dans *Le Roi Lion*, Kani militait déjà avec Athol Fugard dans un théâtre de protestation contre le régime ségrégationniste. Ses pièces des années 1970, comme *Sizwe Banzi est mort*, dépeignaient sans fard les réalités de l’apartheid devant des publics mixtes, un acte de résistance qui faillit lui coûter la vie. Onze coups de couteau, un œil perdu, des séjours en isolement cellulaire ; son corps porte encore les stigmates de cette époque.
Aujourd’hui, il constate avec une certaine amertume que les jeunes générations ignorent parfois le prix payé pour leur liberté. Il tente d’expliquer à sa petite-fille les interdits raciaux d’autrefois, mais celle-ci répond avec l’incompréhension candide de ceux qui n’ont pas connu l’oppression. Pour Kani, chaque cicatrice fut néanmoins nécessaire. Elles ont contribué à faire de lui un « citoyen de l’humanité universelle ».
L’artiste reste vigilant face aux résurgences autoritaires à travers le monde. Il compare les rafles de migrants aux États-Unis aux descentes policières de l’apartheid. Son dernier spectacle, *Kunene et le Roi*, explore justement les tensions raciales persistantes dans l’Afrique du Sud contemporaine. Pour lui, l’art doit servir de miroir à la société, célébrer ses triomphes mais aussi dénoncer ses travers avec colère et poésie.
Son entrée à l’Académie des Oscars représente une opportunité de porter plus haut la voix du continent. L’Afrique, estime-t-il, a besoin de budgets et de soutien, pas seulement de compassion. Son plus grand espoir demeure de pouvoir un jour raconter à ses arrière-petits-enfants comment les peuples unis sont parvenus à vaincre le monstre de l’injustice.
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