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Culture

Hajime Kinoko, l’artiste qui sublime les liens avec le shibari

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À Tokyo, un maître japonais réinvente l’art ancestral des cordes, mêlant esthétique et profondeur humaine.

Dans un atelier discret de la capitale japonaise, Hajime Kinoko orchestre une chorégraphie silencieuse où les cordes deviennent pinceaux et les corps, toiles vivantes. Loin des clichés associés au fétichisme, ce praticien de shibari, âgé de 48 ans, a élevé cette discipline au rang d’art visuel. Son credo ? Transcender la simple technique pour toucher à l’universel.

Découvert dans les années 2000 alors qu’il gérait un établissement lié au BDSM, Kinoko s’est rapidement affranchi des codes traditionnels. « Je ne cherche ni la domination ni la souffrance, mais la beauté pure », confie-t-il. Ses installations, où les cordes enlacent architectures et paysages, témoignent de cette philosophie. À Shibuya, une maison ovoïde enveloppée de liens bleus attire désormais les regards des passants, transformant l’espace urbain en œuvre éphémère.

Le shibari puise ses racines dans le Japon féodal, où le hōjōjutsu servait à immobiliser les prisonniers. Kinoko, lui, en a fait un langage contemporain. Ses réalisations, comme ces cubes rouges suspendus sur un gratte-ciel tokyoïte ou son sanctuaire érigé dans le désert américain lors du Burning Man, interrogent les frontières entre contrainte et liberté.

Pédagogue rigoureux, l’artiste a fondé une école pour former une nouvelle génération de praticiens. Parmi eux, des élèves venues d’Europe, comme cette Française de 25 ans, séduite par sa démarche artistique. « Le shibari peut rapprocher les gens, briser les solitudes », souligne Kinoko, qui rêve d’étendre ses réseaux de cordes jusqu’à la tour Eiffel. Une ambition qui dépasse l’art pour toucher à l’humain.

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