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Dixième année consécutive de baisse des naissances au Japon

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Le pays confirme une tendance démographique inquiétante, avec des conséquences économiques et sociales majeures, malgré des mesures gouvernementales jusqu’ici peu efficaces.

Le Japon a enregistré une nouvelle diminution du nombre de naissances en 2025, selon les données préliminaires du ministère de la Santé. Cette baisse, la dixième d’affilée, confirme la persistance d’un défi structurel pour la quatrième économie mondiale. L’archipel a compté 705 809 nouveau-nés l’an dernier, un chiffre en retrait de 2,1 % par rapport à l’année précédente.

Cette évolution démographique place le pays parmi ceux affichant les indicateurs de fécondité les plus bas. La population totale, estimée à 122,86 millions d’habitants en février, a diminué de près de 580 000 personnes sur un an. Le phénomène s’accompagne d’un vieillissement marqué de la société, avec près de 100 000 centenaires recensés, dont une très large majorité de femmes.

Les conséquences de ce déclin sont déjà palpables. Les autorités font face à des tensions croissantes sur le marché du travail, à l’alourdissement des dépenses de protection sociale et à une base fiscale qui se rétrécit. Cette situation pèse également sur la soutenabilité de la dette publique, déjà considérable. Le phénomène affecte particulièrement les zones rurales, où des milliers de municipalités sont menacées de disparition et où le nombre de logements vacants ne cesse d’augmenter.

Face à cette situation, qualifiée d’« urgence silencieuse » par la Première ministre Sanae Takaichi, les initiatives se multiplient sans parvenir à inverser la courbe. Le gouvernement, comme certaines collectivités, explore diverses pistes. La métropole de Tokyo a ainsi lancé une application de rencontres exigeant des utilisateurs qu’ils certifient leur statut marital et leur intention de se marier.

La question de l’immigration, souvent évoquée comme un levier possible pour atténuer les effets du vieillissement et des pénuries de main-d’œuvre, reste sensible. L’exécutif, sous l’influence de formations politiques hostiles à l’ouverture des frontières, a plutôt annoncé son intention de durcir sa politique en la matière. Dans ce contexte, la légère augmentation du nombre de mariages enregistrée l’an dernier, ainsi que la baisse des divorces, apparaissent comme des signaux positifs mais insuffisants pour modifier une trajectoire démographique profondément ancrée.

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