Planète
Des ancres pour sauver les prairies sous-marines de Grèce
Face à la pression des bateaux de plaisance, le pays déploie des systèmes d’amarrage innovants pour préserver les herbiers de posidonie, un écosystème clé de la Méditerranée.
Dans les eaux cristallines de la baie de Porto Rafti, non loin de la capitale, des plongeurs procèdent à une installation minutieuse. Ils fixent au fond marin des ancres spéciales, conçues pour éviter tout contact avec les prairies sous-marines qui tapissent les fonds. Cette opération s’inscrit dans un programme pilote des autorités maritimes grecques, visant à constituer un réseau national de mouillages respectueux de l’environnement.
Le littoral hellénique, qui s’étend sur plus de treize mille kilomètres, est en grande partie bordé de vastes herbiers de posidonie. Ces plantes marines, dont les longues feuilles rubanées forment de véritables forêts sous-marines, jouent un rôle écologique capital. Elles constituent un habitat essentiel pour de nombreuses espèces, tout en contribuant à la purification de l’eau et à la production d’oxygène. Leur capacité à piéger et stocker le carbone en fait également des alliés précieux face au dérèglement climatique.
Pourtant, cet écosystème fragile subit chaque année des dégradations considérables. Le phénomène est attribué aux mouillages sauvages et répétés des navires de plaisance. Lorsque les ancres traditionnelles sont relevées, leurs chaînes raclent les fonds, arrachant les rhizomes des posidonies et causant des dommages parfois irréversibles. Les experts considèrent cette pratique comme l’une des principales menaces pesant sur ces habitats, classés comme prioritaires par l’Union européenne.
Le système déployé consiste à enfouir une ancre spécifique à plusieurs mètres de profondeur dans le sédiment. Une chaîne est ensuite fixée et maintenue en suspension au-dessus du fond, évitant ainsi tout frottement avec la végétation. En surface, une bouée permet aux embarcations de s’amarrer en toute sécurité. Une quarantaine de ces dispositifs ont déjà été installés dans plusieurs zones sensibles, notamment en mer Ionienne et autour de l’île d’Alonissos.
Cependant, l’ampleur du défi reste considérable. Les quelques installations existantes apparaissent insuffisantes face à l’afflux estival de milliers de bateaux. Les spécialistes plaident pour une accélération et une généralisation de ces aménagements, accompagnées d’un cadre législatif adapté. Ils citent en exemple les réglementations déjà en vigueur dans certaines régions d’Espagne ou de France. Un tel cadre permettrait non seulement de protéger et de régénérer les herbiers, mais aussi d’encadrer une activité économique viable, favorisant un tourisme maritime plus durable.
La situation est particulièrement préoccupante dans les archipels très fréquentés, où la croissance du nombre d’embarcations n’est pas toujours accompagnée de contrôles ou de sensibilisation adéquats. Pour les défenseurs de l’environnement, la mise en place d’une politique cohérente serait bénéfique à la fois pour la sécurité de la navigation et pour la préservation d’un patrimoine naturel d’une valeur inestimable.
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