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Deepfakes pornographiques à Hong Kong, un fléau impuni

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Des étudiantes victimes de montages obscènes se heurtent à l’absence de cadre légal, laissant les auteurs en liberté.

À Hong Kong, des dizaines d’étudiantes découvrent avec effroi que leurs visages ont été incrustés sur des images pornographiques, sans pouvoir obtenir justice. Ces manipulations numériques, réalisées à partir de photos publiées sur les réseaux sociaux, illustrent les limites d’une législation inadaptée à l’ère des deepfakes.

L’affaire a éclaté lorsqu’un étudiant de l’université de Hong Kong a été surpris en possession de centaines de montages mettant en scène des camarades. Malgré l’indignation des victimes, les autorités universitaires se sont contentées d’un simple avertissement à l’encontre du responsable. La raison est simple : la loi locale ne sanctionne que la diffusion d’images intimes, pas leur création ou leur détention.

Pour les jeunes femmes concernées, le choc psychologique est profond. L’une d’elles confie avoir perdu toute confiance en son entourage, tandis qu’une autre évoque des crises d’angoisse persistantes. Certaines ont même renoncé à publier des photos en ligne, par crainte de nouveaux détournements.

Ce phénomène n’est pas isolé. Une association locale de défense des droits des femmes a recensé onze cas similaires en un an, un chiffre probablement sous-estimé selon ses responsables. Les victimes se retrouvent souvent démunies, confrontées à des procédures judiciaires complexes et à l’absence de preuves tangibles.

Alors que plusieurs pays durcissent leur législation contre les deepfakes sexuels, Hong Kong accuse un retard préoccupant. Les experts soulignent le caractère genré de ces violences numériques, près de 90 % des cibles étant des femmes. En l’absence de réforme, les auteurs continueront d’agir en toute impunité, au prix de vies brisées.

Certaines victimes subissent même l’incompréhension de leur entourage, sommées de « ne pas gâcher l’avenir » des responsables. Un paradoxe cruel pour celles dont l’image et la réputation ont été durablement altérées. La question reste entière : jusqu’à quand l’arsenal juridique restera-t-il silencieux face à cette forme de violence ?

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