Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Chlordécone : l’État français persiste et conteste sa condamnation

Article

le

Le gouvernement fait appel de la décision judiciaire le tenant pour responsable du scandale sanitaire aux Antilles, suscitant l’indignation des élus locaux.

L’État français a décidé de se pourvoir en cassation contre l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris, qui l’avait reconnu coupable de négligences dans l’autorisation du chlordécone, un pesticide toxique largement utilisé dans les bananeraies antillaises. Cette décision, rendue le 11 mars dernier, obligeait les autorités à indemniser les victimes souffrant d’un préjudice d’anxiété avéré, une première dans ce dossier sensible.

La justice avait estimé que pour une dizaine de plaignants, les preuves apportées – analyses médicales et études environnementales – démontraient une exposition réelle à cette pollution et un risque accru de développer des pathologies graves. Une avancée par rapport au premier jugement de 2022, qui avait certes reconnu les fautes de l’État mais refusé toute compensation financière, faute de preuves suffisantes.

Les réactions politiques n’ont pas tardé. Les parlementaires de Guadeloupe et de Martinique ont vivement dénoncé ce recours, qualifiant l’initiative de « déni de réalité » et de « manque de considération » envers les populations locales. Des sénateurs ont fustigé une « faute morale », soulignant l’impact désastreux de ce pesticide, classé cancérogène dès 1979 mais autorisé aux Antilles jusqu’en 1993.

Aujourd’hui, plus de 90 % des adultes antillais présentent des traces de chlordécone dans leur organisme, avec des risques accrus de cancer de la prostate selon les études scientifiques. Ce nouveau rebondissement judiciaire ravive les tensions autour d’un scandale sanitaire dont les conséquences perdurent, des décennies après l’interdiction du produit.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus