Culture
Chloé ouvre un dialogue poétique entre folklore et modernité
La maison parisienne a donné le ton jeudi avec une collection automne-hiver 2026-2027 imprégnée de références bohèmes et chamaniques, marquant ainsi le quatrième jour de la Semaine de la mode.
Le défilé de Chloé a proposé une immersion dans un vestiaire aux accents folkloriques, évoquant avec nostalgie l’esthétique libre des années 1970. Les silhouettes ont mêlé dentelles ajourées, crêpes de soie superposés et cols capes dévoilant le dos, le tout jouant sur des couleurs franches, du vert vif au pourpre profond. Les jupons brodés de motifs floraux sur fond noir, associés à des blouses et vestes aux épaules marquées, ont directement rappelé l’esprit iconique de certaines séries cultes de la décennie.
La créatrice Chemena Kamali a placé cette collection sous le signe du partage communautaire, explorant à travers les vêtements les récits, les croyances et les rituels qui fondent une culture. Dans un contexte mondial perçu comme toujours plus rapide, elle y voit un vecteur d’empathie et un lien tangible avec le passé. L’ensemble, ponctué d’accessoires tels que des bijoux de cheveux métalliques évoquant des attrape-rêves ou d’imposantes bottes en peau de mouton retournée, cultive un savoir-faire désirable, tout en restant fidèle à l’archétype de la femme Chloé, à la fois romantique et évanescente.
Ailleurs dans la capitale, les propositions ont varié. Carven, présenté au Conservatoire national des Arts et Métiers, a opté pour une ligne plus architecturale, avec des vestes et manteaux à col haut dont les manches évasées dessinaient une forme de cœur inversé. Des franges ornaient poignets et bustes sur des tenues aux couleurs sombres, souvent austères. Julien Dossena pour Rabanne a, quant à lui, injecté une énergie colorée et festive, mêlant strass, tartan et imprimés dans des superpositions audacieuses de jupes plissées, de robes portées sur des chemisiers et de nuisettes sur des pulls épais.
En fin de journée, Schiaparelli a présenté au Carrousel du Louvre une collection placée sous le thème de l’énigme. Daniel Roseberry a joué sur les contradictions apparentes, avec des robes bustier aux volumes sculpturaux, des tops imitant l’écorce ou des écailles, et des talons inspirés des serres d’oiseaux. L’ensemble, d’un glamour radical, cherche à matérialiser le mystère identitaire à travers la mode. La semaine parisienne se poursuivra vendredi avec les présentations de plusieurs maisons de renom.
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