Culture
Bad Bunny au Super Bowl, une polémique qui dépasse la musique
La nomination de la star portoricaine pour le spectacle de la mi-temps du Super Bowl provoque un vif mécontentement parmi les soutiens de l’ancien président américain Donald Trump, certains dénonçant un artiste jugé trop engagé.
L’annonce de la participation de Bad Bunny au traditionnel spectacle de la mi-temps du Super Bowl a suscité de vives réactions dans l’entourage de Donald Trump. Sebastien Gorka, ancien conseiller à la Maison Blanche, a publiquement questionné la décision de la NFL sur les réseaux sociaux, estimant que l’organisation ne saisissait pas les enjeux. La star de 31 ans, figure majeure du reggaeton et du rap latino, prendra ainsi la relève de légendes musicales comme Madonna ou Michael Jackson pour cet événement suivi chaque année par des dizaines de millions de téléspectateurs.
La polémique dépasse le simple cadre musical. Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martinez Ocasio, avait récemment annoncé qu’il éviterait les États-Unis lors de sa tournée mondiale, évoquant les risques de contrôles migratoires lors de ses concerts. L’artiste, qui vient de conclure une série de représentations à Porto Rico ayant rassemblé plus d’un demi-million de spectateurs, fait désormais l’objet de critiques acerbes de la part d’influenceurs proches du mouvement MAGA.
Ces détracteurs lui reprochent notamment de chanter exclusivement en espagnol et l’accusent de brouiller les frontières traditionnelles des genres à travers son apparence et ses choix vestimentaires. Certains n’hésitent pas à qualifier son art de « démoniaque », visant directement ses prises de position en faveur des droits des personnes LGBT et contre la transphobie. Le chanteur s’était en effet déjà produit travesti dans l’un de ses clips et avait soutenu la candidate démocrate Kamala Harris lors de la dernière élection présidentielle.
Cette controverse s’inscrit dans un contexte politique plus large. Depuis son retour au pouvoir, l’administration actuelle a multiplié les mesures concernant les personnes transgenres et les immigrés en situation irrégulière, tout en reprenant le contrôle d’institutions culturelles publiques jugées trop progressistes. Le spectacle de la mi-temps du Super Bowl, produit depuis 2019 par la société de Jay-Z, reste un moment fort de la culture populaire américaine, régulièrement traversé par des débats sociétaux. L’an dernier, la prestation de Kendrick Lamar, porteuse de messages subtils sur la place des Afro-Américains, avait déjà été vivement critiquée par les mêmes cercles politiques.
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