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Culture

Anna Mouglalis, scène et engagement contre la norme hétérosexuelle

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Portée par deux créations théâtrales et musicales, la comédienne investit l’espace public pour défendre une vision radicale et libératrice du féminisme.

Sur les planches du Théâtre de l’Atelier à Paris, Anna Mouglalis incarne avec une force rare l’adaptation de l’essai d’Ovidie, « La chair est triste, hélas ». Le texte, initialement offert par son compagnon, explore le parcours d’une femme en « grève du sexe » face à l’épuisement provoqué par des rapports genrés souvent inégaux. Loin de n’être qu’un récit individuel, l’œuvre aborde des thèmes universels tels que les violences gynécologiques, la douleur normalisée ou l’objectivation du corps féminin.

Pour l’interprète de 47 ans, ce monologue constitue bien plus qu’un simple rôle. Il s’inscrit dans la continuité de ses convictions personnelles et de son activisme féministe de longue date. Défenseure historique des femmes condamnées pour avortement avant la loi Veil, elle a également témoigné récemment devant la commission parlementaire sur les violences sexuelles dans le milieu culturel. Sa prestation, tantôt drôle, tantôt dérangeante, s’accompagne de projections visuelles montrant des examens gynécologiques, des scènes de chirurgie esthétique ou des manifestations, renforçant ainsi la portée politique du propos.

Parallèlement à cette création théâtrale, Anna Mouglalis poursuit une aventure musicale au sein du collectif Draga. Leur album « Ô Guérillères », inspiré de l’œuvre éponyme de Monique Wittig, propose une relecture audacieuse des normes hétérosexuelles comme construction sociale. En tournée dans plusieurs villes françaises, ce projet incarne une autre facette de son engagement, à la fois artistique et militant.

Si elle reconnaît une période complexe sur le plan politique, marquée par la montée des discours réactionnaires, la comédienne observe également une ouverture croissante des consciences, notamment parmi les jeunes générations. Son militantisme, affirme-t-elle, n’a jamais entravé sa carrière. Bien au contraire, il l’a affranchie de certains clichés, lui évitant désormais des rôles de « femme mystérieuse » cantonnée à un simple faire-valoir masculin.

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