Politique
Le PS veut sortir les LBD et les grenades des cortèges lycéens
Face aux blessures de jeunes manifestants, les députés socialistes annoncent une proposition de loi pour interdire l’usage d’armes mutilantes contre les…


Face aux blessures de jeunes manifestants, les députés socialistes annoncent une proposition de loi pour interdire l’usage d’armes mutilantes contre les mineurs. Une pétition réclame de son côté la fin des gestes d’immobilisation les plus dangereux.
Boris Vallaud, qui dirige le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, l’a annoncé sans détour. Son groupe va déposer une proposition de loi pour empêcher les forces de l’ordre d’employer des armes mutilantes ou des gestes brutaux lorsque des mineurs manifestent. Le texte vise en particulier les rassemblements lycéens, où les moins de 18 ans sont majoritaires. Grenades de désencerclement, LBD, étranglement, le député des Landes veut fermer la porte à toute une panoplie employée ces dernières semaines.
Le contexte explique cette initiative. Le mouvement lycéen ne faiblit pas, et les interventions policières ont fait des blessés parmi les plus jeunes. Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée à Lens. Depuis le début de la mobilisation, mi-septembre, dix enquêtes ont été ouvertes par l’inspection générale de la police nationale. Un chiffre résume la particularité de ce conflit, selon Boris Vallaud, 85 % des jeunes interpellés sont mineurs.
Pour l’élu, la réponse doit donc changer de nature. Il plaide pour « une réponse d’abord éducative », là où la gestion du dossier penche aujourd’hui vers le tout-répressif. Il pointe aussi un déséquilibre institutionnel, la cellule de crise s’organise place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, et non rue de Grenelle, à l’Éducation nationale. Traduction, le sujet est traité comme une affaire d’ordre public avant d’être une question de jeunesse.
L’initiative parlementaire n’est pas isolée. Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale contre « une réponse sécuritaire totalement disproportionnée ». Ses premiers signataires, environ 8.000, réclament l’interdiction des gestes d’immobilisation qui peuvent couper la respiration, le plaquage ventral (maintien au sol sur le ventre avec compression thoracique), les clés d’étranglement (prises au cou bloquant la respiration ou la circulation sanguine), le pliage corporel (compression du buste vers les genoux). Ils demandent aussi le retrait des armes mutilantes, LBD 40, grenades explosives et de désencerclement, ainsi que des pistolets à impulsion électrique.
En face, la doctrine reste discutée. Laurent Nuñez a affirmé qu’il n’existait « aucune consigne de retenue » et « aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition ». Une position qui a fait réagir Ségolène Royal, candidate à la primaire sociale-démocrate. « Quand vous voyez des policiers harnachés comme s’il y avait une guerre », a-t-elle lancé, avant de demander comment un ministre de l’Intérieur a pu perdre à ce point la maîtrise de la doctrine du maintien de l’ordre.
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