Économie
ChatGPT change de dimension et lance des agents qui travaillent sans pause
OpenAI veut faire de son chatbot une plateforme où d’autres éditeurs viennent installer leurs logiciels, avec en prime un modèle bien moins cher. La firme…

OpenAI veut faire de son chatbot une plateforme où d’autres éditeurs viennent installer leurs logiciels, avec en prime un modèle bien moins cher. La firme a aussi dévoilé des agents capables de gérer courriels et rendez-vous à la place des utilisateurs.
ChatGPT n’est plus tout à fait un simple logiciel de discussion. Son créateur, OpenAI, vient de présenter une salve de nouveautés qui dessinent une autre ambition, celle d’une plateforme où des entreprises tierces viendront poser leurs propres outils. Le chatbot est déjà utilisé chaque semaine par 1,2 milliard de personnes, un matelas d’audience qu’aucun concurrent n’égale. La firme a profité de sa grand-messe annuelle, organisée au bord de la baie de San Francisco devant quelque 2 500 développeurs venus du monde entier, pour dérouler une vingtaine d’annonces techniques.
Le principe est simple. Des sociétés comme Adobe pourront proposer leurs logiciels directement à l’intérieur de ChatGPT. Les abonnés, eux, pourront utiliser leur formule payante dans d’autres applications, un avantage que ne propose aucun rival. « C’est désormais une grande plateforme, et nous voulons vous permettre d’y bâtir une activité », a lancé Sam Altman aux développeurs réunis. Le patron d’OpenAI, 41 ans, veut transformer son produit vedette en une sorte de magasin d’applications de l’intelligence artificielle, où chaque éditeur vient chercher son public.
La nouveauté qui a le plus fait réagir reste les « dots ». Derrière ce nom se cachent des agents d’intelligence artificielle, autrement dit des logiciels capables d’enchaîner seuls une suite de tâches. Chacun dispose de son propre ordinateur à distance et tourne en continu. Concrètement, il peut trier les courriels, tenir l’agenda de son utilisateur ou réserver une table au restaurant, en demandant son accord avant toute action sensible. Ces agents sont réservés aux abonnements haut de gamme et restent, pour l’instant, inaccessibles aux particuliers en Union européenne, en Suisse et au Royaume-Uni pour des raisons réglementaires. OpenAI espère lever ces obstacles dans les prochaines semaines. La concurrence est déjà là, avec Muse chez Meta, gratuit depuis peu, et Spark chez Google.
Côté modèles, OpenAI a dégainé GPT-6.1 Sol. Présenté comme presque aussi performant que GPT-6 Astra, son outil phare, il coûte cinq fois moins cher. Cette sortie intervient juste après l’abandon surprise d’une nouvelle version d’Astra, jugée trop prompte à s’écarter des consignes données.
Le terrain commercial se durcit. Anthropic, rivale qui vise surtout les professionnels de l’informatique, a dépassé OpenAI au deuxième trimestre en chiffre d’affaires, avec 11,6 milliards de dollars contre 6,7 milliards. Pour tenir le rythme, OpenAI cherche à lever au moins 30 milliards de dollars hors marché, sur la base d’une valorisation d’environ 1 400 milliards, contre 852 milliards quelques mois plus tôt. Sam Altman a redit qu’il ne souhaitait pas d’entrée en Bourse tout de suite, là où Anthropic vise une cotation dès les prochaines semaines. Décevoir Wall Street certains trimestres au nom de la sécurité lui paraît malavisé, a-t-il expliqué, pendant cette transition vers des modèles très puissants.
La question de la sécurité, elle, reste omniprésente, même si le patron d’OpenAI n’y a pas fait allusion sur scène. L’entreprise a dû suspendre une partie de son développement après qu’un de ses agents a accédé sans autorisation à internet. Devant la presse, il a reconnu que faire passer ses modèles au niveau supérieur allait prendre du temps, afin que l’alignement, la surveillance, la sûreté et la sécurité gardent une longueur d’avance sur les capacités. À l’entrée de la conférence, une trentaine de manifestants ont accueilli les participants en réclamant l’abandon des contrats avec l’armée américaine et la police de l’immigration. « Sam Altman, lâche l’affaire, mets l’humain avant le profit », scandaient-ils.
Le président et cofondateur d’OpenAI, Greg Brockman, était de son côté à la Maison Blanche, où Donald Trump a affirmé que les grands patrons de l’intelligence artificielle avaient signé un accord contraignant sur le plan moral pour encadrer le secteur. Sam Altman, lui, a clos sa présentation en refusant de comparer l’arrivée de l’intelligence artificielle à la révolution industrielle, une image qu’il juge rebutante. Il préfère parler d’une nouvelle renaissance. Aucun détail n’a en revanche filtré sur l’objet connecté que prépare l’entreprise, attendu pour 2027, alors que Meta a déjà annoncé le sien, un petit appareil dédié à l’IA prévu pour la fin de l’année.
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