Économie
La dette française file vers un record et les marchés retiennent leur souffle
L’endettement public du pays a franchi 3.500 milliards d’euros en mars, soit 117,5% de son PIB, et le gouvernement annonce pire encore pour 2027. Une…


L’endettement public du pays a franchi 3.500 milliards d’euros en mars, soit 117,5% de son PIB, et le gouvernement annonce pire encore pour 2027. Une trajectoire qui échauffe les investisseurs à quelques mois des élections.
La France s’enfonce dans le rouge. Sa dette publique a dépassé les 3.500 milliards d’euros à la fin mars, l’équivalent de 117,5% de la richesse produite en une année. Et le plus dur s’annonce. Le gouvernement a déjà prévenu que le ratio grimperait à 121,7% du PIB en 2027, un niveau inédit depuis le début de cette mesure en 1978, et plus du double du plafond fixé par l’Union européenne à 60%.
Le montant n’est qu’une partie du problème. Le déficit, lui, refuse de fondre. Il devrait encore atteindre 5,4% du PIB cette année, alors que l’exécutif misait sur 5%. La France reste ainsi l’un des pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie. Autre poids qui grandit, les intérêts de la dette, attendus à 91 milliards d’euros en 2027.
Sur les marchés, le signal est net. Les obligations françaises à dix ans portent un taux de 4,7%, quand les allemandes tournent autour de 3,6%. Cet écart n’a plus été aussi large depuis 2012. Une part de cette tension vient d’un mouvement planétaire, alimenté par l’inflation née de la crise énergétique, la peur que les banques centrales ne la répercutent dans leurs taux directeurs, et une demande d’emprunts qui explose, de la part des États comme des entreprises lancées dans les centres de données et l’intelligence artificielle.
Mais la France a sa propre raison de payer plus cher. Les prêteurs doutent, et leur confiance est la pièce maîtresse du système. Si un gros fonds étranger qui prête à dix ans se met à redouter de ne pas trouver d’acheteurs à l’échéance, il exigera un meilleur rendement. Et si la confiance venait à disparaître complètement, le pays se retrouverait dans la situation de la Grèce en 2010, sans personne pour lui prêter. Pour l’instant, les investisseurs se contentent de froncer les sourcils, tout en continuant à financer la France, mais plus cher. En proportion du PIB, la charge de la dette est passée de 1,2% en 2020 à environ 2,5% aujourd’hui, une hausse vertigineuse.
La politique s’invite aussi dans l’équation. La perspective de voir les deux extrêmes au second tour de la présidentielle agite les investisseurs, sans compter l’appétit des fonds spéculatifs, capables d’ajouter de la fébrilité à court terme. Un économiste résume la situation en comparant la France à un bel avion traversant un ciel très agité, inconfortable pour les passagers, mais qui ne devrait pas s’écraser.
Le budget en préparation sera donc guetté de près, avec 54 milliards d’euros d’efforts annoncés et des prêteurs à l’affût. Les réformes de fond ne relèvent plus du simple confort. Elles finiront par s’imposer, de gré ou de force.
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