Société
Paris se met à l’heure des beach clubs sur l’eau
Des péniches transformées en plages privées font fureur dans la capitale. Entre e-foil, piscines sans enfants et cocktails au soleil, une clientèle aisée…


Des péniches transformées en plages privées font fureur dans la capitale. Entre e-foil, piscines sans enfants et cocktails au soleil, une clientèle aisée s’offre un avant-goût de Méditerranée sans quitter Paris.
Le long de la Seine, à deux pas du bois de Boulogne, une scène surprend les promeneurs. Sur une péniche baptisée Foil in Paris, des corps bronzés s’allongent sur des transats autour d’une petite piscine, verre de rosé à la main. L’endroit, ouvert en 2025, assume son style plage privée de la Côte d’Azur. Mais ici, chaque minute de farniente a un prix. Compter 50 euros pour trois heures de détente, avec une trentaine d’entrées maximum pour garantir de la place pour chacun. Stéphane, une trentenaire du marketing, compare l’ambiance aux clubs huppés du sud de la France. Sissi, venue avec son compagnon, trouve l’idée géniale et rêve de voir plus de piscines de ce type au bord de l’eau.
Le lieu mise aussi sur une activité unique dans la capitale, le e-foil, un surf électrique qui s’élève au-dessus des flots une fois lancé. Une session coûte 150 euros, et certains habitués comme Lilian ou Patrick en sont déjà à leur quatrième passage. Pour eux, le jeu en vaut la chandelle. Ce phénomène ne sort pas de nulle part. Après des décennies d’interdiction, la baignade dans la Seine a attiré près de 100 000 personnes en 2025 et plusieurs sites gratuits ont fleuri le long du fleuve. Mais les beach clubs privés visent une autre clientèle. Annette K., ouvert en 2022 dans le 15e arrondissement, propose une piscine de 50 mètres sur son pont supérieur. L’accès au solarium coûte 200 euros par mois, avec une règle stricte qui fait débat. Pas d’enfants. Anthony, chef d’entreprise, apprécie de pouvoir nager sans turbulences, là où les piscines municipales sont souvent bondées. Le club, pensé au départ comme un espace sportif haut de gamme, voit son activité estivale décoller depuis deux ans.
De l’autre côté de Paris, au bois de Vincennes, La Beach installe chaque été un vrai coin de paradis avec mille mètres carrés de sable, des transats blancs et une déco qui sent bon les vacances. L’entrée n’est pas payante, mais une consommation est obligatoire. Le public, plutôt jeune et issu des quartiers ouest, n’hésite pas à traverser la ville pour passer quelques heures dans ce décor méditerranéen. Tatiana, habituée des hôtels all inclusive en Tunisie ou en Espagne, vient ici plusieurs fois par semaine après le sport. Elle aime l’idée de bronzer, boire un cocktail et manger sans changer de lieu. Même si le lac de Saint-Mandé, tout proche, reste interdit à la baignade, l’illusion fonctionne. Paris n’a pas la mer, mais elle sait de mieux en mieux jouer à la plage.
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