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La droite dure reprend la main en Colombie après un scrutin sous tension
Son adversaire de gauche a concédé sa défaite alors que le pays retient son souffle. Le nouveau président promet une politique sécuritaire radicale et un…


Son adversaire de gauche a concédé sa défaite alors que le pays retient son souffle. Le nouveau président promet une politique sécuritaire radicale et un alignement sur les États-Unis.
Les résultats tombent. Avec 12 960 166 suffrages, Abelardo de la Espriella, avocat et chef d’entreprise millionnaire de 47 ans, devance de peu le sénateur Iván Cepeda, qui recueille 12 708 312 voix. Jamais une élection présidentielle colombienne n’avait été aussi serrée ni n’avait mobilisé autant d’électeurs. Devant les caméras, Cepeda a annoncé qu’il acceptait le verdict des urnes. « Je le fais pour contribuer à la coexistence, à la paix et au dialogue entre Colombiens », a-t-il déclaré, après avoir initialement conditionné sa reconnaissance au décompte final. Son appel au calme faisait suite à plusieurs jours de manifestations et d’affrontements avec la police à Bogotá et Cali.
La route jusqu’à cette proclamation officielle a été chaotique. Gustavo Petro, l’actuel président de gauche, avait dénoncé de possibles manipulations du logiciel électoral et évoqué une ingérence directe des États-Unis en faveur de de la Espriella. Mais l’autorité électorale a certifié une concordance de 99,9 % entre le précompte et le dépouillement définitif. La mission d’observation de l’Union européenne a également écarté toute irrégularité. De son côté, le vainqueur promet une lutte frontale contre le crime organisé, l’éradication chimique des cultures de coca et un renforcement des liens avec Israël. Il compte aussi construire des méga-prisons sur le modèle sécuritaire du Salvador et de l’Équateur, ce qui inquiète des experts redoutant une escalade de la violence dans un pays marqué par six décennies de conflit armé.
Cette victoire s’inscrit dans un mouvement plus large en Amérique latine. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, plusieurs pays ont basculé à droite. L’Argentine, la Bolivie, le Chili ou encore le Honduras ont amorcé un virage conservateur. Avec la capture de Nicolás Maduro au Venezuela en janvier, une nouvelle dynamique de coopération avec Washington s’est ouverte. En mars, Trump a lancé la coalition « Bouclier des Amériques » contre le narcotrafic, et la Colombie premier producteur mondial de cocaïne devrait désormais en faire partie. De la Espriella a promis un soutien armé américain, allant jusqu’à évoquer l’implantation de bases militaires pour bombarder les groupes armés. Reste à voir comment il mettra en œuvre ces mesures alors que la gauche conserve le plus grand groupe parlementaire, même si des alliances restent possibles.
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