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Le sort d’une enseignante jugée pour harcèlement après le suicide d’une collégienne
_**La cour d’appel de Versailles rendra sa décision lundi dans une affaire qui interroge les limites de l’autorité pédagogique et ses conséquences dramatiques.**_
La justice doit se prononcer ce lundi sur le recours formé par une professeure de français, aujourd’hui à la retraite. Cette dernière avait été initialement relaxée en première instance, avant que le parquet ne fasse appel de la décision. Elle est poursuivie pour des faits de harcèlement moral sur une élève de sixième, Evaëlle, qui s’est donné la mort à l’âge de onze ans au printemps 2019.
L’audience en appel, tenue en février, a présenté une figure enseignante aux contours contrastés. Décrite par certains comme rigoureuse et exigeante, elle a été peinte par d’autres, notamment par le ministère public, comme cassante et humiliante. L’avocate générale a requis à son encontre une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis. Elle a estimé que l’enseignante avait franchi une ligne en rabaissant et stigmatisant certains élèves, contribuant selon elle à la dégradation de l’état psychologique de la jeune fille.
Evaëlle, scolarisée dans un collège du Val-d’Oise, était une enfant décrite comme intellectuellement précoce et en décalage avec le système scolaire. Elle subissait par ailleurs des brimages de la part de certains camarades. Ses relations avec son enseignante de français étaient tendues. Un épisode, en particulier, avait profondément marqué l’adolescente. Au cours d’une séance dédiée à la vie de classe, la professeure avait demandé à l’ensemble des élèves de réfléchir aux raisons pour lesquelles Evaëlle se sentait harcelée et mise à l’écart. La collégienne, en larmes, s’était vue sommée par l’adulte de participer à l’exercice. Elle avait ensuite confié à ses parents avoir vécu là la pire journée de son existence.
Plusieurs anciens camarades de classe ont corroboré, lors des investigations, un climat de remarques systématiques et de réprimandes vocales à l’encontre de la jeune fille. L’enseignante, pour sa part, a constamment contesté toute volonté de nuire. Elle a expliqué aux juges que son intention était, au contraire, d’aider son élève. En première instance, le tribunal correctionnel de Pontoise avait retenu cette défense, considérant que les griefs relevaient pour l’essentiel de l’exercice légitime de l’autorité professorale. La cour d’appel va donc devoir trancher ce différend d’interprétation, dont l’issue déterminera la responsabilité pénale de l’éducatrice.
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